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Macron se paye les CCI

© Christian Lamorelle
© Christian Lamorelle

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a tenu jeudi un discours de fermeté devant les représentants des chambres de commerce et d'industrie (CCI) de France, qui ont manifesté par un long silence leur colère face au plan d'économies qui leur est demandé.

Par France 3 Auvergne avec AFP

"Ce n'est rien d'autre qu'un assassinat",

a déclaré en ouverture d'une assemblée générale extraordinaire des chambres de commerce et d'industrie de tout le pays, le président de CCI France, André Marcon, par ailleurs hôtelier à Saint-Bonnet-le-Froid en Haute-Loire.
Le gouvernement veut prélever 500 millions d'euros en 2015 dans les fonds de roulement des CCI, après 170 millions en 2014, les faisant ainsi participer à son plan de 50 milliards d'euros d'économies pour 2015-2017. Il avait également prévu une baisse du montant de la taxe qui leur est affectée. "La dépense publique qu'il faut réduire, elle est toujours chez l'autre", a rétorqué dans son discours le ministre, ajoutant "ce serait trop facile, ce monde où il faudrait baisser la dépense publique et dès qu'on touche à soi ce serait l'horreur". "Oui, cet effort est difficile mais il est nécessaire, parce que c'est celui que nous faisons porter sur la totalité de la dépense publique. Il est nécessaire aussi parce que, je vous dois la vérité, vos établissements ont touché durant plusieurs années des ressources fiscales excédant vos besoins", a-t-il déclaré. "Entre 2002 et 2012 cette ressource a augmenté de 41% avant de diminuer en 2014", a-t-il ajouté
Et pour répondre à une lettre ouverte des "4.800 chefs d'entreprise des CCI de France" au président de la République parue dans la presse jeudi qui pointe une menace sur l'emploi "de 7.000 collaborateurs", M. Macron a fait valoir que l'on "peut faire des économies sans licencier des gens".

"Ne me faites pas du chantage à l'apprentissage",

a aussi lancé le ministre au sujet des menaces de réduction du nombre d'apprentis formés. L'ensemble des représentants des chambres, qui emplissaient un grand amphithéâtre, se sont levés en silence après une brève prise de parole du président de la chambre des Ardennes, Géraud Spire. "La force du silence qui accompagnera votre départ marquera notre désapprobation", a déclaré celui-ci au ministre, qui l'écoutait debout sur la scène, les bras croisés. M. Macron a ensuite répondu: "Vous aviez préparé la chorégraphie", ajoutant que son bureau était "toujours ouvert". Furieuses à la lecture d'une version provisoire d'un rapport d'inspection en préparation, les CCI avaient averti au printemps du risque de fermeture de centres de formation des apprentis (CFA) et d'une réduction du nombre d'apprentis de 100.000 à 70.000 en trois ans. Elles avaient aussi agité la menace de la fermeture d'ici 2017 de nombreux aéroports régionaux qu'elles ont contribué à construire et qu'elles cogèrent.

Les réactions en Auvergne : 

Réactions en Auvergne au plan d'économie des CCI
Le reportage de Christian Lamorelle et Jean Jazeix. Intervenants : Isidore Fartaria, Psdt CCI Puy-de-Dôme et Bernard Schoumacher Psdt CCI Auvergne


 

  

Grève du personnel des CCI lundi

Lundi, une intersyndicale CGT-CFE-CGC et FO appelle à la grève et à un rassemblement devant le siège de CCI France à Paris "pour la défense des
emplois et des conditions de travail" des 26.000 agents du réseau. "En riposte à la décision de Bercy de réduire leurs ressources fiscales, les CCI
ont fait pression sur le gouvernement en menaçant de licencier 7.000 personnes et de diminuer en parallèle le nombre d'apprentis en France, avec 30.000 places en moins", a expliqué à l'AFP Jeannine Marty de la CGT. Très critique, elle dénonce aussi des chambres du commerce qui "se désengagent petit à petit de tout ce qui est mission d'intérêt public ou collectif et se lancent dans une espèce de course à la vente de prestations comme des super cabinets de consulting".
"Elles ont perdu leur âme, refusé de se réformer, refusé de regarder les économies là où elles pouvaient vraiment être faites", a-t-elle ajouté.

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