Procès en appel du meurtrier présumé d'Agnès Marin: Vers un huis clos partiel

 Condamné en juin 2013 à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat d'Agnès, Matthieu a fait appel du jugement. Il comparaîtra à nouveau devant la Cour d'Assises des mineurs du Puy-de-Dôme à Riom du 29 septembre au 10 octobre. / © AFP/THIERRY ZOCCOLAN
Condamné en juin 2013 à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat d'Agnès, Matthieu a fait appel du jugement. Il comparaîtra à nouveau devant la Cour d'Assises des mineurs du Puy-de-Dôme à Riom du 29 septembre au 10 octobre. / © AFP/THIERRY ZOCCOLAN

Le procès en appel de l'assassin et violeur présumé d'Agnès Marin, pensionnaire de 13 ans du collège Cévenol (Haute-Loire), se tiendra à huis clos partiel à partir du lundi 29 septembre devant les assises des mineurs du Puy-de-Dôme.

Par Brigitte Cante avec AFP

Le 16 novembre 2011, Agnès, élève au collège Cévenol du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) part dans la forêt avec Mathieu, 17 ans. Deux jours plus tard, le corps violé, mutilé et brûlé de l'adolescente qui allait fêter son quatorzième anniversaire est retrouvé dans les bois.

Le 28 juin 2013, au terme de deux semaines de procès qui se sont déroulées parfois en audiences publiques, parfois à huis-clos, la Cour d'Assises pour mineurs du Puy-en-Velay avait condamné Matthieu à la réclusion criminelle à perpétuité. Un verdict qualifié d’exceptionnel pour un mineur. Il s'agissait de la première condamnation à perpétuité d'un mineur au moment des faits depuis la condamnation de Patrick Dils en 1989 pour un double meurtre. Patrick Dils avait ensuite été acquitté.


Pourquoi un nouveau procès ?


Après sa condamnation en première instance par la Cour d’Assises des mineurs de Haute-Loire, les avocates de Matthieu ont fait appel de cette décision." s'agissant de la peine la plus lourde pouvant être prononcée et l'excuse de minorité ayant été levée." Un nouveau procès s’ouvre donc le 29 septembre à la Cour d’Assises des mineurs à Riom dans le Puy-de-Dôme . La famille d'Agnès Marin devra revivre les moments douloureux du rappel des faits avec un timide espoir : Que les carences et les manquements apparus dans le suivi du meurtrier après son premier viol en 2010 soient enfin reconnus.

Lors du premier procès, les débats s’étaient focalisés sur la personnalité de l'accusé. Qui est Matthieu ? Est-ce le garçon jugé non dangereux par un psychiatre après le viol en 2010 d’une camarade de 15 ans dans le Gard ?  Sur la foi de ces expertises, après quatre mois de détention provisoire, il avait été accepté comme interne au collège Cévenol du Chambon-sur-Lignon, où il a rencontré Agnès.
Comment Matthieu a-t-il pu s'engouffrer dans toutes les failles du suivi judiciaire, psychiatrique et psychologique, dont il faisait l'objet,? Lors du procés, Jeanne-Marie Vermeulin l’avocate générale avait déploré sa remise en liberté " mal préparée. C'était l'établissement le moins adapté possible au cas de Matthieu ",


Vers un nouveau huis clos ?

Le silence médiatique concourt-il à la manifestation de la vérité ? L'absence du public et de la presse dans la salle d'audience permettra-elle de percer les mystères d'un accusé énigmatique ? Le procès en appel du meurtrier d'Agnès, se déroulera comme en première instance, à l'abri des regards. 
L’avocate de Julie, la première victime de Matthieu dans le Gard, a demandé le huis-clos pour protéger sa cliente. "Un accord a été trouvé jeudi soir entre les parties civiles au terme duquel il y aura une demande de huis clos partiel ", a déclaré vendredi à l'AFP Me Valérie Devèze-Fabre, l'avocate de la jeune Julie, violée en août 2010 par l'accusé, un an avant le meurtre d'Agnès.

"Ce qui relève de la personnalité de l'accusé, les auditions des psychiatres et tout ce qui touche au dossier de ma cliente seront couverts par le huis clos comme cela avait le cas lors du premier procès, a détaillé l'avocate. "Il est extrêmement important qu'il y a ait le respect de la parole donnée et je compte sur la responsabilité de la presse pour que si jamais il y avait un débordement des parties civiles dans leur fougue sur ce qui a été fait à ma cliente, que ça ne soit pas relayé", a-t-elle mis en garde.

En première instance, en juin 2013, devant les assises des mineurs du Puy-en-Velay, pressée par la famille d'Agnès Marin qui réclamait un procès
public, Me Devèze-Fabre avait finalement autorisé une levée partielle du huis clos. Le 28 juin 2013, Matthieu, 19 ans, a été condamné à la réclusion à perpétuité. Le verdict en appel est attendu le 10 octobre.

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