Affaire Abliazov : Kasparov dénonce “la corruption morale” des magistrats lyonnais

Garry Kasparov qui était venu à Lyon pour prendre la défense de l'homme d'affaires Abliazov n'avait pas été autorisé à témoigner.D'où son courroux. / © Philippe Merle /AFP
Garry Kasparov qui était venu à Lyon pour prendre la défense de l'homme d'affaires Abliazov n'avait pas été autorisé à témoigner.D'où son courroux. / © Philippe Merle /AFP

Le champion d'échecs André Kasparov met en cause l'honnêteté des juges lyonnais qui ont eu à décider du sort de l'opposant kazakh Moukhtar Abliazov.Il dénonce "la corruption morale" des magistrats français qui ont ordonné l'extradition de l'homme d'affaires vers la Russie .  

Par Philippe Bette

La légende des échecs et opposant au président russe Vladimir Poutine, Garry Kasparov que la justice avait refusé d'entendre lors du procès à Lyon de l'opposant et oligarque kazakh Moukhtar Abliazov, a dénoncé jeudi, "la corruption morale" des magistrats français.

M. Kasparov estime dans une tribune publiée dans le quotidien Libération, que la décision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon d'extrader le 24 octobre, l'ancien banquier et ministre kazakh vers la Russie, était la transposition de "la justice de Poutine dans un tribunal français".

"Nous n'avons pas été autorisés à témoigner et bien que je ne puisse me permettre de spéculer sur les intentions ou les motivations des juges lyonnais, cela constitue clairement un cas de corruption morale", dit Gary Kasparov. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon avait motivé sa décision de ne pas entendre M. Kasparov cité comme témoin par le défense de l'oligarque, en expliquant que le code pénal français ne le permettait pas en matière d'extradition.

En dépit de la décision des magistrats lyonnais, la défense de l'oligarque déchu a fait savoir qu'elle utilisera toutes les voies de recours (cour de cassation, conseil d'Etat et la Cour européenne des droits de l'homme) pour empêcher son extradition.
Détenu en France depuis 15 mois, Moukhtar Abliazov est accusé par la Russie, l'Ukraine et le Kazakhstan d'avoir détourné des milliards de dollars.

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