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Anatomie du Labo 7 : de l'écran au cadre, du mouvement au trait

Anatomie du Labo 7, c'est une trentaine d'artistes qui ont vu les films Labo, en ont choisi un pour rendre une oeuvre originale dont seule la technique, l'estampe cette année, est imposée par le festival. Au final, une cinquantaine d'oeuvres, une double contrainte, et beaucoup de folie !
Les frères Hancock ont tous les deux été très inspirés par le film Hes the Best (L5), qui a rencontré un franc succès chez les artistes exposés salle Camille Claudel pour l'Anatomie du Labo 7.
Les frères Hancock ont tous les deux été très inspirés par le film Hes the Best (L5), qui a rencontré un franc succès chez les artistes exposés salle Camille Claudel pour l'Anatomie du Labo 7.
Pour trouver l'expo Anatomie du Labo dans Clermont-Ferrand, c'est simple : il suffit de suivre ces petites bêtes. Ces choses mi-araignées mi-on-ne-sait-quoi dont on peut faire l'agréable connaissance dans Cams, une charmante fiction suédoise (L5) entre méditation sur la nature et film d'horreur en suspens... Bref, ces silhouettes réalisées par une élève du DMA de Cournon sont une bonne mise en bouche : suivez-les pour découvrir l'étrange univers de l'Anatomie du Labo.

Dans la salle Camille Claudel, il suffit de
passer la porte pour découvrir que si quelque chose n'a pas manqué aux artistes, c'est bien l'inspiration ! Les murs sont couverts des oeuvres réalisées pour l'occasion par des étudiants en école d'art, des créateurs alternatifs et quelques signatures internationales dont les estampes ont fini par arriver...

Leur point commun ? La technique utilisée, qui doit faire partie de la grande famille de l'estampe. Gravure, sérigraphie, linogravure, litographie... Le choix est relativement large et la technique plutôt à la mode. Du coup, l'estampe se retrouve aussi bien chez des plasticiens reconnus que chez des artistes underground, sur des oeuvres très chères que sur des pochettes de disque ou des affiches de concert. Il y en a pour tous les goûts, toutes les bourses, et ça nous plaît.

Hes the Best en pôle position

Après, tout est question d'inspiration, et il faut bien avouer que sur tous les films Labo, on peut aisément créer un podium de ceux qui ont le plus plu aux artistes.Sur la plus haute marche, sans conteste, Hes the best (L3), un film de la réalisatrice américaine Tamyka Smith narrant en ultra gros plans bien sentis les préparatifs de Clare, jeune femme dont on ne sait pas grand chose si ce n'est qu'elle est blonde avec d'immenses ongles roses, avec Ryan. Pas de fausse pudeur, une objetisation de la fameuse Clare qui semble le revendiquer, et pas mal de grain à moudre pour les artistes qui s'en sont emparé. A gauche, cette oeuvre au trait direct et au dessin cru est un bois gravé de Marc Brunier Mestas, graveur clermontois.


Caravan sur la deuxième marche du podium

Sur la deuxième marche du podium,
le film Caravan (L5), de l'australien Keiran Watson-Bonnice. Une journée ensoleillée, une caravane dans une clairière à l'orée du bois, un cheval blanc, 2 enfants jouent, le téléphone sonne, les enfants continuent à jouer ... Un film beau et dérangeant, dont résultent des oeuvres très différentes empruntes de poésie et de mystère, aux noirs très noirs mais toutes réhaussées de blanc ou de jaune, d'espoir naïf et de gaieté enfantine. Ci-contre, une gravure de Tyler Krasowski.

Blood Brothers, sang et mort pour clôre le trio de tête

Enfin, médaille de bronze, le film Blood Brothers (L5) des portugais Miguel Coimbra et Marco Espirito Santo, un documentaire expérimental sur une équipe de corrida qui doit retourner dans l'arène après la mort de son chef. Parmi les oeuvres qui en découlent, la sérigraphie de Lilas Mala et Sénile Céline offre aux yeux avides de détails une sorte de carnage entre hommes et taureaux, un carnage d'autant plus beau que le trait est fin, un carnage d'autant plus cruel que le spectateur s'évertue à n'en louper aucune miette.

Et il en va finalement de même avec chaque oeuvre exposée ici dans cette Anatomie du Labo 7. Vous êtes perplexes ? Il suffit de se laisser séduire par les propositions si différentes d'artistes sur un sujet et une technique imposés. Où chaque court-métrage devient à nouveau source d'inspiration. Où chaque film peut donner naissance à une, voire plusieurs nouvelles oeuvres. Et où une technique, l'estampe, peut donner tant de résultats différents. Le Labo est une catégorie où les frontières se brouillent. L'anatomie du Labo va plus loin, en repassant toutes ces oeuvres expérimentales à la moulinette de l'esprit d'artistes aux univers variés... Et le résultat est détonnant !
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