Cet article date de plus de 6 ans

Avec "A Wall is a Screen", le court-métrage fait le mur

L'espace d'une soirée, le collectif allemand "A Wall is a Screen" a sorti les courts-métrages de leurs salles pour les projeter sur les murs de Clermont-Ferrand. Une balade magique sous la neige qu'on vous propose de suivre en photos.
Un mardi soir sous la neige à Clermont-Ferrand, ça n'est pas le contexte parfait pour une séance cinéma en plein air. Et pourtant, à 20h30 précises, ils sont un beau paquet (300 selon les organisateurs) à trépigner devant un hôtel du centre-ville malgré les flocons.

Tout ce qu'ils savent, c'est qu'on va les emmener dans plusieurs lieux pour assister à des projections. Les étapes sont tenues secrètes jusqu'au dernier moment, et aucun retardataire n'est accepté.
Un jeune homme au grand sourire prend la parole. C'est Peter, un des organisateurs de la soirée. "Bonsoir ! On va vous emmener dans 7 lieux pour une série de projections." 

Peter fait partie du collectif "A Wall is a Screen", basé à Hambourg. Près de 25 fois par an, lui et ses camarades parcourent le monde à tour de rôle pour aller animer les murs des villes. Ce soir, il va projeter une sélection de films allemands à l'occasion de la 10e année de la soirée consacrée à ce pays au festival de Clermont.

A peine le premier court fini, et voilà qu'une bande de bénévoles plient le projecteur, les haut-parleurs et l'ordinateur pour courir vers le prochain lieu.

Le public, lui doit suivre le drapeau pour trouver le prochain film.

Deuxième étape : une vieille station-service désaffectée. Le projecteur est posé en quelques secondes, le son testé, le film peut commencer. 

Juste avant, chaque court a droit à une petite phrase de présentation. Chacun d'entre eux a été choisi en fonction du lieu; dans la station essence, c'est un film sur des cascadeurs en moto qui est projeté.

Pour Christan Deniel, l'un des organisateurs du festival et porteur du fameux drapeau qui guide la foule, "la contrainte, ça a été de trouver des lieux dans un périmètre pas trop large, avec un surface assez grande pour projeter et assez d'espace pour les spectateurs". 

Le cortège, lui, file déjà vers le parking de l'ancien Hôtel Dieu, aujourd'hui désaffecté. Au programme : un documentaire sur l'obsolescence programmée.

La neige, elle, tombe de plus en plus. Quelques spectateurs se découragent, mais pas Peter ! "La neige ? On en a déjà eu plus que ça ! Notamment lors d'une série de projections en Finlande !"

Un peu plus loin, nous voilà dans une cour d'immeuble. Le court projeté parle d'un anniversaire raté, mais surtout, il se termine en musique. La foule danse pour se réchauffer sous les fenêtres de voisins médusés.


A Ballainvilliers, un voisin a l'air de vouloir participer... à sa façon. En entendant la clameur dans sa rue, il ouvre ses volets, jette un oeil au court qui se joue sur le mur d'en face, lance un incompréhensible cri de guerre puis referme sa fenêtre bruyamment.

Pour Peter, ce genre de petits imprévus fait partie du concept. "On souhaite reconquérir les espaces publics. On veut que tout le monde s'approprie la ville et l'architecture."

Après une heure et demie de découvertes, le petit convoi s'achemine déjà vers sa dernière destination, très symbolique : la Jetée. C'est le siège de l'association qui organise le festival.

Pour ce lieu, Peter et ses camarades ont voulu remercier les occupants : c'est donc un court-métrage d'applaudissements qui anime la façade.


A ce moment, ils ne sont plus qu'une poignée à avoir résisté jusqu'au bout, moins d'une centaine.

Pour ces courageux, le projectionniste du jour rajoute un film supplémentaire avant d'inviter tout le monde au pot de l'amitié. Au choix : cuvée du court métrage ou Jägermeister.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
festival du court-métrage de clermont-ferrand