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A court d'argent, le Centre national du court-métrage italien appelle aux dons

En attente de subventions qui n'arrivent pas, le Centre national du court-métrage italien vient de lancer un appel aux dons. Il espère récolter 10.000 euros pour survivre dans un pays qui ne se passionne pas vraiment pour ce format ...
"We Need Your Help". C'est écrit noir sur jaune, en gros caractères sur un flyer trouvé dans la boîte aux lettres de la salle de presse. Forcément, cela intrigue. On retourne donc le carton.

Il vient du Centre National Italien du Court Métrage. Au dos, un message en anglais : "malgré les bons résultats obtenus, la baisse des subventions publiques met de plus en plus en danger les activités du Centre Italien pour le Court-Métrage. [...] Nous avons lancé une campagne de financement participatif pour pouvoir être présents dans les grands festivals comme Clermont, Berlin ou Cannes pour promouvoir les production italiennes [...] Toutes les formes de soutien seront grandement appréciées, que ce soit en donnant de l'argent ou en diffusant l'information autant que possible"



Le Centre est basé à Turin, mais heureusement, il tient un stand sur le marché du film. On y rencontre Jacopo Chessa, le directeur, qui nous explique sa démarche : "on est obligé ! On est financés par le Ministère des Affaires Culturelles et la région Piémont. Le Ministère, ça va mais la région nous doit de l'argent qu'ils nous ont promis depuis 2011 ! Du coup, on est obligé d'avancer de l'argent pour fonctionner ..." Le centre a aussi des partenaires privés, mais l'argent public représente 60 à 80 % de ses ressources. Il y a une semaine, il a donc du se résoudre à cette bouteille à la mer sur un site de financement participatif. Objectif : récolter 10.000 euros en 40 jours.

Depuis sa création formelle, le centre est la seule institution du pays dédiée au court-métrage. Il s'est donné deux missions : d'abord, former une mémoire du court italien (il a déjà récupéré prés de 300 pellicules et bien plus encore de vidéos). Ensuite, promouvoir le court italien à l'étranger.

Mais à en croire Jacopo, ça n'est pas facile. "En Italie, il n'y a pas vraiment la culture du court-métrage. C'est difficile de les monter, des les diffuser et de les promouvoir. On a bien les festivals et un peu de télé mais la VOD n'est pas développée dans le pays et les salles n'en veulent pas, sauf si c'est gratuit !" Au festival de Clermont, ce constat s'est révélé encore plus frappant : "aujourd'hui, on a eu une réunion avec les agences du court métrage européen. On est les plus petits ! Même certains pays en proie à des difficultés économiques ont des agences plus importantes que la nôtre !"

S'il est un succès, l'appel aux dons devrait donner un peu d'oxygène à la structure. "A Cannes par exemple, le Ministère paye le stand mais le reste, les hôtel, les dépliants, c'est nous qui payons !" 



Heureusement, Jacopo a quelques raison d'espérer. "Les dernières années, on avait moins d'argent mais plus de projets : ça prouve que ça fonctionne." "Et puis, pendant le festival cette semaine, on a envoyé deux projets à l'Euro Connection, le forum européen de coproduction de courts-métrages. Les deux ont été sélectionnés, on est le seul pays dans ce cas !"

> Voir l'appel aux dons du Centre Italien du Court-Métrage
> Le site du Centre Italien du Court-Métrage (en italien)
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