Ma banque… c’est mon buraliste !

Le « compte Nickel », c’est une formule simple pour ouvrir un compte qui permet de retirer de l’argent ou faire des dépôts en se rendant… au bureau de tabac.

Des banques qui font de la téléphonie, des buralistes qui se transforment en banquier, de quoi y perdre son latin (par ces temps de réforme du collège !).
Depuis un peu plus d’un an, des bureaux de tabac (plus d'un millier actuellement) proposent le « compte Nickel », ouvert en cinq minutes avec seulement 20 euros.
L’initiative a été lancée par un informaticien et un ancien banquier.
Elle a déjà séduit près de 110 000 personnes en France.

Au départ, ce « compte sans banque » s’adressait à des publics refoulés par les établissements bancaires classiques pour leur donner la possibilité d’avoir un compte courant pour percevoir leurs allocations par exemple.
Aujourd’hui, les utilisateurs sont plus divers :
« Des personnes qui font des achats ou des jeux sur internet et qui redoutent de se faire pirater leur carte bancaire principale, une mère de famille dont le fils part faire ses études, pour lui éviter d’avoir de l’argent liquide,  par exemple », explique Nicole Cordier, buraliste dans le centre-ville du Puy-en-Velay.
En Haute-Loire, il y a pour l’instant un seul bureau de tabac agréé par la Banque de France pour proposer ce service, alors qu’il en existe plusieurs dans le Puy-de-Dôme et l’Allier.

Facile, pratique, le compte permet de faire des retraits et des dépôts d’argent chez le buraliste agréé (avec un plafond de 250 euros par jour pour les retraits et 750 euros par semaine pour les dépôts).
Il n’autorise aucun découvert, mais en contre partie le client n’aura jamais la mauvaise surprise de devoir payer des agios.
Le titulaire suit son compte sur internet, il est prévenu des mouvements sur son téléphone mobile et il dispose aussi d’une carte de type « Mastercard » qu’il peut utiliser comme une carte bancaire classique pour faire ses achats.
Pour les commerçants adhérents au compte Nickel, c’est « tout bénéf », aucune commission sur les paiements avec cette carte, ils peuvent donc l'accepter même pour des montants très bas.

Pour les buralistes, profession qui dit souffrir des hausses de prix régulières du tabac, c’est un service rendu aux clients certes, mais aussi un moyen de diversifier leur activité et leurs revenus.
Pour l’instant, les consommateurs, comme les banques, observent avant de se prononcer ce nouveau service qui se développe : la Financière de Paiement Electronique, à l'origine du concept, serait en tête de l’ouverture de nouveaux comptes en France, devant des banques en ligne bien connues.