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Abattage des loups: Royal donne “la priorité” aux bergers, des associations saisissent le Conseil d'Etat

"Face à des agriculteurs épuisés", Ségolène Royal a autorisé des tirs de prélèvement sur le loup. / © AFP
"Face à des agriculteurs épuisés", Ségolène Royal a autorisé des tirs de prélèvement sur le loup. / © AFP

Des associations de protection de la nature ont déposé un recours, ce mercredi 3 septembre, contre l'autorisation de tuer des loups donnée par la ministre de l'Ecologie. Pour Ségolène Royal, la priorité demeure la défense des bergers.

Par Mickael Guiho

Plusieurs associations de défense de la nature dénoncent la décision du ministère de l'Ecologie d'autoriser, dans certaines zones où les dommages aux élevages sont importants et à titre expérimental, des tirs sur des loups lors de la chasse au grand gibier.

Avec "la possibilité de tirs aux loups lors de battues de chasse, alors que cette espèce est protégée (...) l'Etat en arrive aux solutions extrêmes", écrivent dans un communiqué France nature environnement, Ferus, Aspas, Agir pour la biodiversité, la LPO et One Voice.

Ces associations indiquent avoir déposé un recours au Conseil d'Etat pour contester l'arrêté ministériel du 5 août dernier.

Que dit l'arrêté pris par Ségolène Royal?

L'arrêté indique qu'à "titre expérimental et jusqu'au 30 juin 2015", les préfets peuvent, là où les troupeaux demeurent exposés à la prédation du loup, autoriser pour deux mois reconductibles des tirs visant à abattre des animaux lors de chasse au grand gibier, que ce soit en battue, à l'approche ou à l'affût."

L'opération pourra être conduite sans la présence d'un agent de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), mais devra être déclarée préalablement à cet organisme et faire ensuite l'objet d'un rapport.

Jusqu'ici, au cas par cas, les préfets autorisaient les tirs d'éleveurs sur des loups ou des battues spécifiques encadrées par l'ONCFS et des chasseurs habilités.

Dans le cadre du plan loup, le ministère de l'Ecologie a autorisé cette année l'abattage de 24 loups, un chiffre qui pourrait être porté à 36 spécimens, afin de contenir la population du prédateur et les dégâts provoqués sur les troupeaux.

Royal donne la "priorité" aux bergers

Ségolène Royal a réaffirmé sa volonté de privilégier l'aide aux éleveurs et de trouver "un juste équilibre" entre pastoralisme et préservation du loup au nom de la biodiversité... mais elle a tout de même fait un choix.

"Je sais que les associations sont très mécontentes", a déclaré la ministre de l'Ecologie, mais "face à des éleveurs épuisés, en grande souffrance (...) ma priorité c'est la protection des bergers, l'occupation de la montagne par les troupeaux".

Les chiffres et la législation

Environ 300 loups sont désormais présents dans 30 départements français. Quelque 6.000 animaux d'élevage ont été sa proie en 2013 et les éleveurs mettent aussi en avant les animaux blessés et les portées interrompues.

Au fil des ans, face à l'augmentation des zones touchées et des dégâts, bergers et éleveurs se disent exaspérés et les syndicats agricoles, que ce soit la Confédération paysanne ou la FNSEA, réclament une régulation plus efficace du prédateur et la fin du classement en espèce protégée.

Le loup est protégé dans l'Union européenne par la Convention de Berne (1979) et par la directive Habitat, mais des dérogations à sa protection sont prévues lorsque sont constatés des dégâts importants sur l'élevage.

La Confédération paysanne a fait état, dans un communiqué, de "4.800 animaux tués au 25 août contre 3.800 à la même date l'an dernier". "Les éleveurs et bergers sont à bout", écrit le syndicat professionnel pour qui cette situation "ne fait que favoriser l'industrialisation de l'élevage et la disparition des paysans".

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