Affaire Fiona : 20 ans de réclusion criminelle pour Cécile Bourgeon et 18 ans pour Berkane Makhlouf

Mercredi 16 décembre, la cour d’assises du Rhône a rendu son verdict dans le cadre de l’affaire Fiona. Cécile Bourgeon a été condamnée à 20 ans de réclusion criminelle et Berkane Makhlouf à 18 ans. L'avocat de la mère de Fiona a annoncé le pourvoi en cassation.

Mercredi 16 décembre, la cour d'assises du Rhône, à Lyon, a rendu son verdict dans le cadre de l'affaire Fiona.
Mercredi 16 décembre, la cour d'assises du Rhône, à Lyon, a rendu son verdict dans le cadre de l'affaire Fiona. © Stéphane Trentesaux / FTV

Au terme de 3 semaines de procès dans le cadre de l’affaire Fiona, la cour d’assises du Rhône à Lyon a rendu son verdict ce mercredi 16 décembre. Après plus de 5 heures de délibération, Cécile Bourgeon a été condamnée à 20 ans de réclusion criminelle et Berkane Makhlouf à 18 ans. Ils ont été reconnus coupables de coups volontaires. Il s’agissait-là du quatrième procès. L’avocat général avait requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle contre les deux accusés. Les jurés devaient se prononcer sur 14 questions. Mais aussi, pour Cécile Bourgeon, un retrait total de son autorité parentale a été prononcé. Ils disposent d'un délai de 5 jours pour interjeter un nouveau pourvoi en cassation. Renaud Portejoie, avocat de Cécile Bourgeon a annoncé le pourvoi en cassation. La cour de cassation ne se prononce jamais sur le fond d'un dossier mais sur la forme. Il faudra donc trouver un argument juridique probant pour qu'elle accepte de casser ce jugement.

Les réactions

Nicolas Chafoulais, le père de Fiona, indique : « Si ça ne tenait qu’à moi, ils auraient pris 30 ans tous les deux. J’aurais jeté la clef. Je suis très satisfait de ce qui s’est joué là. Le point le plus positif est qu’elle prend plus que lui et je trouve ça merveilleux. C’est un bon message ». Maître Jean-François Canis, avocat des parties civiles, souligne : « Cela correspond exactement à ce que l’on a plaidé. On a plaidé hier que c’était plus grave parce que c’était la mère. Une mère qui bat son enfant c’est plus grave qu’un beau-père qui bat son enfant. On a véritablement le sentiment d’avoir été suivis sur toute la ligne ». L’avocat de Berkane Makhlouf, Jean-Félix Luciani, indique : « Il souhaitait voir son innocence reconnue. Elle ne l’a pas été mais il respecte la décision de justice qui a été rendue. Encore une fois, il souhaite aujourd’hui pour la famille que cette page soit tournée ou en tout cas commencer à être dans un passé certain ». L’avocat de Cécile Bourgeon, maître Renaud Portejoie, affirme : « Sans surprise un pourvoi en cassation va être régularisé dès demain. Je peux vous annoncer qu’il y aura immanquablement un cinquième procès Fiona ».

Des précédents procès

En première instance à Riom, en novembre 2016, l’ex beau-père de Fiona avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Cécile Bourgeon elle, avait été condamnée à 5 ans de prison pour non-assistance à personne en danger, dénonciation mensongère, et recel de cadavre mais acquittée pour les violences volontaires ayant entraîné la mort de sa fille. Après un procès en appel qui s’est joué en deux temps, en raison d’une première audience avortée en octobre suite à un incident, la mère et le beau-père de Fiona avaient été tous les deux condamnés à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de la Haute-Loire, le 11 février 2018 au Puy-en-Velay, pour les violences volontaires ayant entrainé la mort de la petite fille. 
 

Des versions inchangées

Lors du quatrième procès à Lyon, les accusés n’ont pas dévié de leur version quant aux derniers jours de Fiona, sa mort et son « enterrement » près d’Aydat. Les deux accusés se renvoient la balle et s’accusent mutuellement d’avoir frappé la fillette, sans pour autant aller jusqu’à s’accuser de l’avoir tuée. Seule évolution notable par rapport aux précedents procès, les excuses de l’accusée. « Je tiens déjà à m’adresser à ma fille Fiona. Même si ça peut paraître minable de ma part, je lui dois quand même des excuses. Parce qu’elle ne méritait pas de finir comme ça, elle avait la vie devant elle. Et je dois aussi des excuses à monsieur Chafoulais (Le père de Fiona. NDLR), d’avoir menti et de n’avoir pas su protéger sa fille » confiait Cécile Bourgeon, jeudi 10 décembre.

Des ultimes déclarations

Avant que la cour ne délibère, les accusés avaient fait ce mercredi matin une ultime déclaration. Pour Cécile Bourgeon : « Je n’ai pas grand-chose à ajouter. A part qu’il y a pas un seul jour où je ne pense pas à Fiona ». Berkane Makhlouf avait alors ajouté : « Tout ce que j’ai à dire c’est la même chose. Fiona, je l’aimais de tout mon cœur. Je n’ai jamais porté de coups à Fiona, ça fait sept ans que je me bats. Je suis désolé pour tous les gens à qui ça a pu faire de la peine… A Nicolas Chafoulais, sincèrement Nico ».

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