200 000 arbres à replanter dans l'Ain, département le plus touché par le dépérissement des forêts

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Dans l'Ain, le dépérissement des forêts -à cause du réchauffement climatique- est un problème majeur. Sont mobilisés l'ONF, les collectivités, les entreprises et ... l'Etat qui, via le plan de relance, va largement cofinancer le reboisement.

Le dépérissement des forêts est un des effets les plus visibles du réchauffement climatique dans la région.  Et le département de l'Ain en est de très loin le plus touché : dans le Bugey, le Haut-Bugey et le pays de Gex. Là, l’Office nationale des forêts estime qu’en 3 ans, 150 000 arbres ont été victime de ce phénomène, soit l'équivalent de 120 hectares totalement détruits.

Le réchauffement affaiblit les arbres, les parasites les tuent

En cause : le déficit en eau, les canicules à répétition et les chaleurs extrêmes qui mettent à mal les sapins ou les épicéas. Et des arbres fragiles, ce sont des arbres plus sensibles aux parasites qui finissent … par mourir.

Et ce dépérissement ne passe pas inaperçu. Il nécessite des coupes urgentes dans nos forêts, pour limiter la propagation des épidémies, mais aussi amortir la perte de valeur de ces bois qui demeurent une ressource très importante.

Un phénomène européen

Le dépérissement : un mal qui n’est pas nouveau. On l’observe en Allemagne, en Autriche et dans la région Grand-Est. Et chez nous, c’est dans l’Ain que les forêts sont les plus touchées.

D’après Yves-Marie Gardette, responsable du développement à l’Office national des forêts, ce sont donc 39 secteurs de ce département qui subissent les assauts du déréglement climatique et qui vont faire l’objet de reboisement. Pour toute la région Auvergne-Rhône-Alpes, l'Ain constitue ainsi la moitié des dossiers.

200 000 arbres rien que dans l'Ain

L’opération, de très grande envergure puisque qu’on parle dans l'Ain de 200 000 arbres, va être rendue possible grâce au plan de relance du gouvernement qui a été annoncé à l’automne dernier.

Sur le volet Forêt, l’État apporte 150 millions d’euros pour cofinancer le reboisement au plan national, soit 1,1 millions dans le département. Ainsi, il prendra à sa charge 80 % des frais de plantations, les 20 % restants et l’entretien revenant aux communes où aux particuliers, puisque le dispositif est aussi ouvert aux propriétaires privés.

Diversifier les essences

La condition, c’est le diagnostic sylvicole par des experts pour comprendre où le problème se pose, et -en fonction du terrain ou de l’exposition des parcelles- quelles essences pourraient être implantées, résineux ou feuillus.

« Quand on observe sur le terrain une bonne régénération naturelle, on va se contenter de l’accompagner et de lui permettre de prendre la bonne direction, en privilégiant les essences intéressantes » explique M. Gardette.

Parfois la même variété, mais plus résistante

Pour les autres secteurs, les acteurs entendent diversifier le reboisement. Ils disposent pour cela d’une trentaine d’essences possibles. Ce sont parfois les mêmes variétés mais avec des génétiques plus résistantes, comme celles originaires de zones plus au sud où l’on trouve le pin méditerranéen.

Un combat aussi pour les collectivités et les entreprises

Le plan de relance pour les forêts une opportunité qui vient conforter le travail des collectivités comme les communautés de communes de la plaine de l’Ain ou du Bugey, qui avaient mis en place des fonds locaux de reboisement.

Mais des initiatives privées voient également le jour comme le club de rugby d’Oyonnax qui propose, avec le soutien de ses partenaires, de planter un arbre par essai "planté".

La « bataille du reboisement » va se dérouler en deux volets : un à l’automne hiver 2021-22, l’autre à la même époque l’année suivante, avec un travail préparatoire pendant l’été.

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