Ain. Des zones de quiétude pour protéger la faune et particulièrement le Grand Tétras

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La Réserve naturelle nationale dite de la Haute Chaîne du Jura regarde le Pays de Gex et Genève. C'est dans ce secteur où les visiteurs ne manquent pas, qu'il a été décidé de créer des zones de quiétude entre décembre et juin. On peut y randonner mais en suivant le balisage. Il s'agit de ne pas déranger la faune, et notamment le Grand Tétras.

"Nous avons un territoire de 11.000 hectares environ, 25% sont passés en zones de quiétude depuis le 15 décembre", détaille le conservateur de l'une des plus grandes réserves de France. Johann Rosset explique que ces zones de tranquillité pour les animaux sauvages sont au nombre de 7 dans la Réserve de la Haute Chaîne du Jura. Des lieux où il faut désormais rester sur les sentiers balisés et ne pas laisser divaguer son chien. Les randonneurs à pied, en raquettes ou à ski sont alertés par de nombreux panneaux disposés le long des chemins.   

C'est ainsi jusqu'au 30 juin. Mais à l'intérieur des zones de quiétude, on trouve aussi des secteurs aux règles plus strictes. Des sentiers sont totalement fermés au public en période hivernale à hauteur de Notre Dame des Neiges ou entre Divonne et la Dôle. Les gardes techniciens de la réserve ont placé des banderoles et ne sont jamais bien loin pour faire de la pédagogie. 

"J'ai l'habitude d'aller du Col de la Faucille à La Vattay en passant par là, je peux le faire si je reste sur le chemin", demande un habitué. "Non, là c'est impossible jusqu'au 15 avril, regardez la banderole", lance Tony Cargnelutti.

Ce garde est assermenté, il pourrait très bien verbaliser un contrevenant. "Pour nous, clairement, ce serait un échec, on préfère expliquer aux gens pourquoi ils ont tout intérêt à rester dans le tracé, pour respecter la faune."

"Je comprends, on a une belle région, il faut la préserver", acquiesce le randonneur. "J'aimerais bien voir un Grand Tétras un jour quand même, même de loin."

Il faudra en effet se tenir à distance. 

Car c'est souvent pour lui que certaines zones de quiétude ont été renforcées avec la fermeture de passages par les crêtes. "On se cale sur les zones historiques de présence du Grand Tétras", explique Tony, "ici, passé le 15 avril ça le dérange moins." 

"En hiver, le Grand Tétras a juste à sa disposition des aiguilles (de sapin) pour se nourrir, donc son énergie est limitée", détaille le conservateur Johann Rosset, "Fuir l'homme dans le froid et la neige, ça va lui demander beaucoup d'énergie et causer un stress qui pourrait être fatal. On parle du Grand Tétras mais c'est aussi valable pour un chevreuil et toute la faune." 

Le Grand coq de bruyère, comme on peut aussi l'appeler, attire pourtant beaucoup les visiteurs. Particulièrement depuis l'épisode de janvier 2021. L'un des représentants de l'espèce se montrait alors beaucoup sur les pistes, allant à la rencontre des skieurs. Aux dernières nouvelles, il serait mort percuté par une voiture.

"Il y a eu tous les effets néfastes avec des gens qui allaient dans la forêt pour chercher la bête, faire des photos, les gens ont dérangé tous les oiseaux de ce secteur", racontait récemment Alexandra Depraz, coordinatrice du groupe Tétras Jura

Pour toutes ces raisons, les zones de quiétude sont plus que nécessaires tant l'hiver qu'au printemps. Les sentiers où l'homme peut encore s'aventurer, ont été étudiés pour limiter le dérangement et concilier activités de loisirs et préservation de l'environnement. 

Reportage Franck Grassaud et Vincent Diguat