Bourg-en-Bresse: voisine d'un collège, une élève est affectée dans un autre établissement

La famille de Célia a lancé une pétition qui a déjà recueilli 190 signatures dans le quartier. Les habitants souhaitent obtenir un rattachement au collège de Brou tout proche. / © France 3
La famille de Célia a lancé une pétition qui a déjà recueilli 190 signatures dans le quartier. Les habitants souhaitent obtenir un rattachement au collège de Brou tout proche. / © France 3

Habiter à quelques dizaines de mètres d'un collège, mais être affecté dans un établissement situé à plusieurs kilomètres, la mésaventure arrive chaque année à de nombreux scolaires. Des dérogations sont alors distribuées, jusqu'au jour où le collège de proximité affiche complet. 

Par Franck Grassaud

Quand on aborde la question avec Célia, les larmes lui viennent. Et c'est loin d'être du cinéma. Comme tous les enfants de 11 ans, elle appréhende la rentrée en 6e. Quitter l'école primaire, c'est déjà un choc émotionnel. Mais Célia doit en plus accepter d'aller dans un collège situé à près de 2km de chez elle, alors qu'elle habite en face d'un établissement! De surcroît, elle devra y aller à pied et traverser une importante voie de circulation, car sa rue est à sens unique et les bus font le tour de la ville avant d'arriver à destination.   

La nouvelle est tombée mi-juin, depuis ses parents se battent contre cette affectation. Mais leurs recours n'ont rien donné.

Officiellement, Célia et tous les camarades de son boulevard, qui habitent entre le n°1 et le n°46, dépendent du collège Thomas Riboud, alors qu'ils vivent à deux pas du collège de Brou.

Reportage Franck Grassaud et Pierre Lachaux 
Bourg-en-Bresse : problème d'affectation au collège
Célia habite en face d'un collège mais est affectée à un autre ! Intervenants : Eve Rolly, mère de Célia; Alexis Morand, chef de cabinet  - France 3  - Franck Grassaud et Pierre Lachaux

Un trait vert au milieu de nulle part 

Jusqu'à présent, les parents décrochaient des dérogations, la situation étant absurde. Mais pour la rentrée 2017, les choses changent. Et pour cause, le collège de Brou est complet, avec en moyenne 26 élèves par classe. Alors l'Inspection académique a décidé d'appliquer la règle, et seulement la règle. Et l'on a ressorti la carte de la sectorisation éditée par le Conseil départemental. Lors d'une délibération datant de 2011, le Département a fait le choix d'attribuer une partie de ce boulevard au collège Thomas Riboud. Pourquoi? Aujourd'hui, on a du mal à comprendre. Sur la carte, le boulevard de Brou est comme un trait vert au milieu de nulle part, ou plutôt au milieu de la zone d'affectation du collège de proximité. 


Pourquoi ce quartier est-il devenu une exception? Alexis Morand, chef de cabinet du président du Département, a beau tourner la carte dans tous les sens, il a aussi beaucoup de mal à trouver une explication. La décision revient à l'ancienne majorité. Il tente toutefois une hypothèse: "quand on a fermé le collège Amiot (en plein centre ville), la plupart des enfants sont allés à Riboud. Comme parmi les élèves il devait y avoir des habitants du Boulevard de Brou, le secteur a dû ainsi basculer, sans réflexion." 

La mère de Célia, qui a beaucoup travaillé sur le dossier, n'y croit pas. Pour elle, les enfants du coin sont toujours allés au collège de Brou.

Ses recours auront au moins eu la vertu d'ouvrir les yeux sur une ineptie. En attendant, Célia est promise à un avenir scolaire loin de chez elle, à moins qu'un élève manque à l'appel au collège de Brou à la rentrée. 

Sur le même sujet

Lyon - L'association ALERTE fête ses 40 ans

Près de chez vous

Les + Lus