Allier : un projet d’éoliennes contesté dans la forêt des Colettes

Des opposants à l'implantation d'éoliennes dans la forêt des Colettes ont tenté de sensibiliser des participants à la traditionnelle randonnée des Colettes, dimanche 4 mars. / © "Collectif nature Une forêt sans éoliennes"
Des opposants à l'implantation d'éoliennes dans la forêt des Colettes ont tenté de sensibiliser des participants à la traditionnelle randonnée des Colettes, dimanche 4 mars. / © "Collectif nature Une forêt sans éoliennes"

Bientôt des éoliennes dans la forêt des Colettes dans l’Allier ? Alors que le projet est encore à l’étude, un collectif s'y oppose et dénonce la dégradation d'espaces naturels. La mairie de Bellenaves y voit au contraire une manière de favoriser les énergies renouvelables. 

Par Sandrine Montéro

C’est une forêt d’environ 2000 hectares située dans l’Allier, moins connue et 5 fois plus petite que la forêt de Tronçais. Mais « souvent qualifiée comme une des plus belles hêtraies d’Europe », affirme Pascal Pinel, animateur-randonnée dans le Val de Sioule et membre du « Collectif nature Une forêt sans éoliennes ».
Un collectif à l’origine d’une pétition en ligne qui a recueilli à ce jour un peu plus de 700 signatures contre un projet d’implantation d’éoliennes. Il dénonce des menaces de « défiguration » du site, « sous couvert d’écologie » , et estime que cet aménagement va porter atteinte à la faune, à la flore et à l’attractivité touristique.
« Ce projet nécessite des fondations avec 1500 tonnes de béton armé coulé dans le sol par éolienne et un agrandissement des pistes forestières existantes », s’alarme Pascal Pinel.
« On ne peut pas affirmer participer à la transition énergétique tout en saccageant localement une forêt », affirment les opposants, qui fustigent « de gros intérêts financiers » portés par « des lobbies éoliens et des fonds d’investissements étrangers ».

Un projet encore à l'étude


Le collectif redoute l’implantation d’une dizaine de mâts, mais le maire affirme que leur nombre n’est pas encore déterminé. « L’étude porte sur 30 mégawatts de puissance installée ». L’élu tient d’ailleurs à relativiser : « On ne s’affole pas. Il n’y a rien de fait. On est sur une phase d’étude avec un mât de mesure (ndlr, installé il y a environ un mois). Un comité de pilotage a été créé, en concertation avec les élus, les associations, les riverains. Tout cela est en ordre de marche pour que ce projet qui n’est pas uniquement industriel mais aussi citoyen, puisse avoir lieu ou pas », affirme Dominique Bidet.
La commune de Bellenaves est à l’origine de cette démarche « votée à l’unanimité » et menée en partenariat avec l’ONF. Un appel à candidatures a été lancé et le projet confié à la société EDP Renewables, 4e producteur mondial d’énergie éolienne.

La carte des énergies vertes


« Des études de vent nous donnent la possibilité d’avoir des énergies renouvelables sur ce massif », assure le maire qui promet des mesures compensatoires et met en avant l’exemplarité de la commune en la matière. « Bellenaves se lance dans le photovoltaïque, la biomasse. Nous avons supprimé toutes les énergies fossiles sur les équipements de la commune. Cela s’inscrit dans la continuïté » souligne l’élu, qui estime que la capacité de production en électricité des éoliennes correspond à  « l'équivalent de 75.000 foyers ». Sans compter les retombées pour les territoires, communauté de communes et département.

De leur côté, les opposants n’entendent pas désarmer. Ils ont déjà déployé des banderoles lors de précédents événements. « On va amplifier nos actions », promet Pascal Pinel, qui évoque notamment la distribution de tracts dans les boites à lettres des habitants et espère « une mobilisation politique ».
A Bellenaves, semble-t-il, la bataille du vent ne fait que commencer…

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