Allier : un Bourbonnais photographie les tombes anciennes pour les sauver de l'oubli

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Écrit par Stéphanie Vinot
Cet habitant de l'Allier a déjà répertorié 4500 tombes vouées à disparaître
Cet habitant de l'Allier a déjà répertorié 4500 tombes vouées à disparaître © Christophe Nebout

Pour la Toussaint, chacun vient fleurir la tombe de ses proches décédés. Mais qui se soucie des vieilles tombes abandonnées ? Le site internet Geneanet incite ses contributeurs à les photographier pour en garder une trace. Dans l'Allier, un passionné de généalogie se dévoue à la tâche.

A lui seul, Christophe Nebout a déjà photographié 4500 tombes. Principalement dans des cimetières des alentours de Vichy dans l'Allier. Là où sont ses ancêtres. « Cela fait une bonne dizaine d’années déjà que je suis membre de Geneanet et j’ai toujours pris en photo les tombes », confie-t-il. Un féru de généalogie qui publie son arbre sur le site internet. Lorsque Geneanet a lancé l’opération « Sauvons nos tombes » en 2014, le Bourbonnais a tout de suite embrayé. Les tombes qui l’intéressent ? Les plus anciennes, les plus vétustes, celles qui semblent abandonnées : « Ce sont celles qui sont vouées à disparaître. Le projet de Geneanet, c’est ça : il n’y a plus de concessions à perpétuité. Donc les tombes disparaissent d’année en année. Nous les photographions pour éviter qu’elles ne tombent dans l’oubli. »

 

Christophe Nebout n’a plus qu’à transférer les photos vers le site internet via une application téléphonique. Elles seront publiées tandis que d’autres contributeurs indexeront les différents noms sur les tombes. « Dans les cimetières, il y a plein d’informations à caractère généalogique », indique Benoît de Maigret, directeur des partenariats et de la communauté du site Geneanet. « On trouve des dates, on trouve des noms, parfois des épitaphes ou des messages plus personnels et ces informations allaient disparaître avec les tombes. » 

Patrimoine funéraire

En allant sur le site, chacun peut ainsi retrouver la trace d’un ancêtre. « On sait en général où sont enterrés nos parents et nos grands-parents mais au-delà on est un peu perdu », témoigne encore Benoît de Maigret. « Au cours des dernières décennies, les gens ont beaucoup bougé et la tombe de l’arrière-grand-mère, on ne sait plus où elle est. L’opération « Sauvons nos tombes » permet vraiment de reconnecter les gens à ce patrimoine funéraire qui a tendance à tomber en désuétude. »

 

Ainsi Christophe Nebout, le bénévole de l’Allier, reçoit régulièrement de gentils messages de généalogistes. « Une fois, une dame m’a remercié car elle ne savait pas où était la tombe de sa tante. Grâce à vous, je l’ai retrouvée, m’a-t-elle dit ! »

Depuis ses 20 ans, Christophe Nebout travaille sur son arbre généalogique. «  Pour moi, cela a toujours été important de mettre des ancêtres dans mon histoire personnelle, de savoir d’où je viens », se souvient-il. Il en a identifié 1700 en remontant jusqu'au XVIIe siècle !

En quête de racines

La généalogie, c’est la petite histoire qui croise la grande histoire. « C’est le moyen pour chacun de se raccrocher dans l’espace et dans le temps à une histoire qui nous est commune et aussi à des lieux où ont pu vivre nos ancêtres », indique Benoît de Maigret.

Avec l’expansion d’internet et la dématérialisation des archives, partir en quête de ses racines n’a jamais été aussi facile et accessible. Sur le site Geneanet, quatre millions de tombes sont aujourd’hui inventoriées.  

 

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