En un an, plus de 2 000 appels téléphoniques aux pompiers de l'Allier : une femme condamnée à 6 mois de prison ferme

Jeudi 29 avril, le tribunal correctionnel de Montluçon, dans l’Allier, a condamné une femme de 41 ans à 6 mois de prison ferme. Elle avait passé de très nombreux « appels téléphoniques malveillants » aux pompiers. Elle avait même frappé l’un d’entre eux.

Jeudi 29 avril, une femme de 41 ans accusée d'avoir passé des "appels téléphoniques malveillants" aux pompiers comparaissait au tribunal correctionnel de Montluçon, dans l'Allier.
Jeudi 29 avril, une femme de 41 ans accusée d'avoir passé des "appels téléphoniques malveillants" aux pompiers comparaissait au tribunal correctionnel de Montluçon, dans l'Allier. © Stéphanie Vinot / FTV

Des caries, des punaises de lit, un chien trop bruyant : une femme ayant passé plus de 2 000 appels aux pompiers en un an a été condamnée à six mois de prison ferme jeudi 29 avril par le tribunal correctionnel de Montluçon dans l’Allier. Cette femme âgée de 41 ans comparaissait pour "appels téléphoniques malveillants" ainsi que pour des "violences" envers un pompier. Entre janvier et octobre 2020, la justice a recensé 1 900 appels aux pompiers de Montluçon qu'elle "harcelait" régulièrement depuis 2018, pour des motifs souvent futiles. Au total une cinquantaine d'interventions ont eu lieu à son domicile.

Un pompier frappé                                                          

Le 22 octobre 2020, les secours se rendent chez elle après un énième appel dans lequel elle dit s'être cognée après une chute. Alcoolisée, elle est transportée aux urgences où elle s'en prend aux secouristes qu'elle frappe. L'un d'eux se voit reconnaître un jour d'ITT. C'est la fois de trop, le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de l'Allier et le pompier concerné portent plainte. Depuis 2018, elle avait passé en tout 2 435 appels, sans compter les 400 encore reçus depuis le dépôt de plainte en octobre. Le tribunal l'a condamnée à 12 mois de prison dont six mois avec sursis probatoire, obligation de soins et indemnisation des victimes. Son casier contient déjà 19 condamnations, dont certaines pour des faits similaires.

Elle boit à peu près une bouteille de whisky par jour

Maître Nicolas Sabatini, avocat de la prévenue - absente à l'audience -, décrit son parcours de vie : « C’est quelqu’un qui souffre d’un éthylisme chronique depuis presque 20 ans. Elle boit énormément, dans des quantités massives. Elle boit à peu près une bouteille de whisky par jour. Je l’ai défendue il y a 2 ans pour une conduite sous l’empire d’un état alcoolique, elle était à 3,40 g. Par ailleurs c’est quelqu’un qui est complètement isolé socialement et humainement. Elle a un passé assez douloureux, placée dès son plus jeune âge, battue. Elle est un peu seule au monde. Je pense qu’elle est dans une grande détresse psychologique et le soir, après s’être alcoolisée, elle appelle les pompiers si elle ne se sent pas bien, angoissée ».

Un long casier judiciaire

L’avocat rappelle que sa cliente avait déjà été condamnée : « Elle a un gros casier judiciaire. Elle est en récidive de récidive sur les appels téléphoniques malveillants. Elle a déjà été incarcérée en 2018. Elle avait bénéficié d’un placement en chantier extérieur puis était revenue sur Commentry. Elle est retombée dans ses travers alcooliques. Il y avait une première audience en septembre 2020, où on lui reprochait déjà de nombreux appels téléphoniques malveillants. J’avais fait annuler la citation pour une irrégularité. Elle a été reconvoquée pour l’audience du 29 avril. Entre septembre et cette date, elle a passé près de 500 appels téléphoniques, si ce n’est plus. Elle a aussi frappé un pompier qui est intervenu ».

Cette femme a besoin de soins avant tout

Maître Nicolas Sabatini explique pourquoi le tribunal l’a condamnée aussi lourdement : « Elle a aussi probablement payé son absence de comparution à l’audience. Le tribunal a prononcé une peine de prison ferme. Elle pourra peut-être faire l’objet d’un aménagement par la suite. Cette femme a besoin de soins avant tout. Si elle peut être sevrée en maison d’arrêt, c’est la meilleure chose qui pourrait lui arriver. Le psychiatre qui l’a vue dans le cadre du dossier a considéré qu’il y avait une altération du discernement, ce qui n’est pas fréquent. Il a considéré qu’elle était pleinement responsable de ses actes ». Un mandat d'arrêt a été délivré à l’encontre de la quadragénaire à l'issue de l'audience

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