12 morts dans un accident à Montbeugny (Allier) : le procès s’ouvre à Moulins

L'accident de Montbeugny avait fait 12 morts, le 24 mars 2016. / © Philippe BIGARD / MaxPPP
L'accident de Montbeugny avait fait 12 morts, le 24 mars 2016. / © Philippe BIGARD / MaxPPP

Deux Portugais impliqués dans l'accident qui a fait douze morts le 24 mars 2016 sur la RCEA vont être jugés mercredi 13 juin devant le tribunal correctionnel de Moulins (Allier). Le conducteur du fourgon et son oncle, propriétaire du véhicule sont poursuivis notamment pour "homicide involontaire".

Par FG avec AFP

Un peu plus de deux ans après l’accident qui a fait douze morts sur la RCEA, deux Portugais impliqués dans la collision vont être jugés mercredi devant le tribunal correctionnel de Moulins (Allier). Le conducteur du fourgon, âgé de 22 ans et son oncle, propriétaire du véhicule sont poursuivis notamment pour "homicide involontaire" et "violation délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence".

Le 24 mars 2016, le jeune homme était parti de Romont (Suisse) en direction du Portugal avec 12 passagers à son bord. Peu après 23h30, alors qu’il tentait un dépassement sur une portion bidirectionnelle à hauteur de Montbeugny (Allier), le véhicule avait percuté un semi-remorque italien qui arrivait en sens inverse. Les 12 passagers étaient morts, le conducteur étant le seul survivant du choc.

L'enquête a révélé un “comportement inadapté et dangereux du conducteur du fourgon qui, sans avoir la visibilité suffisante, a engagé un dépassement à une vitesse excessive avec un véhicule dans un état déplorable (freins et pneumatiques usés…) et en surcharge, auquel était attelée une remorque également dans un état technique défaillant.” Le fourgon n’était pas prévu pour transporter un tel nombre de passagers et le conducteur ne possédait pas le permis de conduire adéquat pour en transporter plus de neuf.

Quant au propriétaire du véhicule, la justice lui reproche d’avoir ajouté artisanalement des banquettes non homologuées, parfois dépourvues de ceintures de sécurité et mal fixées au plancher du fourgon. Selon l’enquête, il organisait régulièrement ce type de transport entre la Suisse et le Portugal “par le bouche-à-oreille”, sans avoir d’existence légale et sans répondre aux obligations faites aux entreprises de transport.


"Mon client redoute cette audience", a confié à l'AFP son avocat Antoine Portal pour qui "le tribunal devra démontrer le lien de causalité entre les faits, l'aménagement du véhicule, et le décès des victimes".

Au moins trois des familles des victimes n'assisteront pas au procès en raison du "coût" du déplacement, a précisé leur avocat Fernando Pais, qui sera lui-même absent. "Indépendamment de l'audience pénale à Moulins, les victimes seront indemnisées au Portugal" mais elles "souhaitent que les deux prévenus soient jugés et condamnés", a-t-il dit.

Selon Joao Veloso, cité par l'AFP et qui préside une association au sein de la communauté portugaise auvergnate, "ce genre de transport (...) existe probablement encore" et "certains chauffeurs font le trajet entre la France et le Portugal plusieurs fois par semaine". "C'est moins cher et plus rapide que le bus car il dépose les gens à leur domicile au Portugal et permet aussi de transporter beaucoup plus de valises que l'avion", explique cet homme qui s'était rendu sur place le soir du drame.


Cet accident est le plus grave survenu sur la RCEA dans l'Allier. Cette axe stratégique entre l'Espagne et le reste de l'Europe est surnommé "la route de la mort" en raison du nombre d'accidents mortels qui s'y produisent (57 morts entre 2010 et 2017), du trafic intense et de sa configuration ancienne qui fait l'objet d'aménagements depuis des années.

"La problématique de l'infrastructure sera à mettre dans le débat de l'audience. Je l'évoquerai", prévient Me Antoine Jauvat, l'avocat du conducteur, qui selon lui "ne se souvient toujours pas de l'accident".

 

 

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