Souffrance animale : L214 publie une nouvelle vidéo dans un élevage de poules en cage en Auvergne

L214 a publié jeudi 27 juin, une nouvelle vidéo pour dénoncer les conditions d’élevage des poules en cage. / © L214
L214 a publié jeudi 27 juin, une nouvelle vidéo pour dénoncer les conditions d’élevage des poules en cage. / © L214

L214 a publié, jeudi 27 juin, une nouvelle vidéo pour dénoncer les conditions d’élevage des poules en cage. L’association a tourné ces images dans un élevage de 320 000 poules pondeuses à Bessay-sur-Allier, en Auvergne.
 

Par K. T.

L’association L214 poursuit son combat contre l’élevage des poules en cage. Dans sa dernière vidéo publiée jeudi 27 juin, elle montre les conditions de vie des animaux dans un élevage intensif de plus de 300 000 poules pondeuses situé à Bessay-sur-Allier, au sud de Moulins, dans le département de l’Allier.
Dans cette vidéo réalisée au mois d’avril selon l’association, on voit des poules entassées sur un sol grillagé « sans jamais voir la lumière du jour », insiste L214. « Dans certaines cages, on trouve des poules mortes qui n’ont pas été ramassées et dont le corps est momifié. Des œufs sont infestés de poux » dénonce l’association dans un communiqué.

Pour le responsable du site Grégory Basset : « Cette vidéo n’est pas le reflet de la réalité. L214 veut faire croire que les conditions d’élevage sont désastreuses ce qui est faux. Ils montrent une poule morte filmée sous différents angles. Ce n’est pas la réalité de notre élevage ». Concernant les images de poux sur les œufs, il explique : « Nous sommes les premiers exposés à ces nuisibles. Lorsqu’il y en a nous traitons les œufs ». Selon lui, la vidéo a été tournée avant l’un de ces traitements.

Toujours dans son communiqué l’association explique avoir alerté les services vétérinaires de l’Allier. Selon L214, ils se sont rendus sur place mais ces animaux avaient été remplacés par d’autres poules : « A l’heure où nous publions ces images, les poules filmées en avril 2019 ont toutes été envoyées à l’abattoir. Conformément aux pratiques de l’industrie, l’exploitation a replacé de nouvelles poules dans ces mêmes cage, en remplacement du cheptel précédent. À leur arrivée en élevage, ces jeunes poules sont bien emplumées et vives, mais leur état de santé se dégradera après quelques semaines d’enfermement en cages, comme en atteste le plumage des oiseaux sur la vidéo ».
« Les services vétérinaires sont venus hier et ils ont constaté que tout était conforme. Nous sommes soumis à d’importants contrôles réguliers et les normes ont toujours été respectées », se défend le responsable de l’élevage.

Une inspection conclut "à la bonne tenue de l'élevage"


En effet, dans un communiqué publié jeudi 27 juin, la préfecture de l’Allier indique que l’inspection réalisée par « deux inspecteurs spécialisés et expérimentés dans la filière volailles » conclut « à la bonne tenue de l’élevage". Les contrôles ont porté sur le respect de la densité de volailles par cage, l’absence de cadavres et le bon entretien des animaux. « Contrairement aux éléments filmés, il n’a pas été observé de cadavres de volailles non ramassés, ni d’animaux en souffrance, ni même la présence de poux rouges », indique la préfecture. Et de poursuivre : « La vidéo de L214 semble avoir été réalisée le 8 avril 2019 ce qui rend difficile un constat deux mois et demi plus tard. Elle présente un focus sur quelques cadavres non ramassés, des volailles agonisantes et des poux rouges, et ce à un instant donné, ce qui ne permet en rien d’apprécier l’étendue réelle de la situation ».
 

"Le groupe Interovo s’est engagé à arrêter l’élevage en cage d’ici 2025 "


Ces œufs sont destinés à la fabrication industrielle de produits agroalimentaires (gâteaux, plats préparés). Ils sont produits par le groupe Interovo Ici 320 000 poules pondeuses vivent en cage. « Le groupe Interovo s’est engagé à arrêter l’élevage en cage d’ici 2025 », assure le responsable de site.
Le 9 mai dernier, l’association L214 avait publié une autre vidéo réalisée en Auvergne. Il s’agissait d’un élevage intensif de volailles à Solignat, dans le Puy-de-Dôme. La préfecture avait diligenté une mission d’inspection. Les services de l’Etat n’avait relevé aucun problème de conformité.

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