Après une fusillade à Grenoble: rassemblement citoyen et "presque" pacifique dans le quartier Saint-Bruno

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Écrit par France 3 Alpes et AFP
Ils étaient à peine une centaine place Saint-Bruno
Ils étaient à peine une centaine place Saint-Bruno © France 3 Alpes

Ce dimanche 21 juin, la mairie avait appelé à un rassemblement dans le quartier Saint-Bruno, après une double fusillade. Les élus entendaient condamner la "privatisation de l'espace public par des petits groupes d'individus violents et s'adonnant aux trafics". Autour, l'ambiance était tendue. 

Ils étaient une petite centaine, ce dimanche, place Saint-Bruno, à avoir répondu à l'appel de la municipalité. Le maire, Eric Piolle, et sa première adjointe Elisa Martin ont échangé avec des habitants du quartiers. Un dialogue que France 3 Alpes n'a pas pu filmer. Une équipe de la rédaction a été menacée verbalement par un homme qui passait en voiture et n'a pu réaliser son reportage.

Sans caméra, un journaliste de l'Agence France Presse a pu assister à quelques échanges . Il a constaté que le maire de Grenoble a été interpellé par des habitants, parfois vivement:

"Ça fait 40 ans que j'habite à Saint-Bruno. Je peux vous dire que la police nationale et municipale n'y patrouillent plus!", a lancé un homme. "Tout le monde sait où sont les armes, M. le maire!", a répété avec virulence une autre participante.

"On a perdu 120 hommes en  effectifs policiers, en l'espace de dix ans. On travaille aujourd'hui dans la meilleure coordination possible de nos moyens (...) On ne doit pas confondre nos missions et celles de l'Etat", a commenté M. Piolle, ajoutant: "On n'est pas des shérifs".


Deux fusillades dans la même journée

Deux fusillades ont eu lieu jeudi soir dans ce quartier proche de la gare, la première aux abords d'une boucherie, la seconde sur la place, faisant deux blessés sur fond de règlement de compte.

La fusillade la plus sérieuse s'est produite peu après 22h30, place Saint-Bruno, à une heure de grande fréquentation des terrasses de café.

"Une voiture avec trois individus armés jusqu'aux dents a débouché sur la place par une petite rue. Ils ont tiré 15 à 20 coups de feux dans toutes les directions", a relaté le parquet pour qui l'expédition évoquait "plus une opération pour faire peur qu'une expédition punitive". "Cela crée un climat d'insécurité violent", a déclaré le parquet qui a saisi la police judiciaire pour l'enquête.

Par miracle, la fusillade n'a fait qu'un blessé: un homme de 32 ans, inconnu de la police, atteint par une balle dans le mollet et dont les jours ne sont pas en danger. "Il faisait partie d'un petit groupe de cinq hommes assis à une table" qui a été visé. "Il est difficile à ce stade de savoir quelle était l'intention". De très nombreuses douilles de différents calibres (pistolet et fusil à pompe, notamment) ont été trouvées sur place.  La voiture des tireurs a été retrouvée brûlée à Quaix-en-Chartreuse (Isère), aux pieds des montagnes.

Une première fusillade avait éclaté vers 18h30 dans ce même quartier, aux abords d'une boucherie, et jusqu'à l'intérieur de la boutique. "Un jeune de 23 ans était poursuivi à scooter, il s'est réfugié dans la boucherie" et a reçu une balle dans chaque jambe. Il avait été amené peu avant 19 heures par des inconnus devant les urgences du CHU de Grenoble. "Il prétend qu'il ne sait pas qui lui a tiré dessus", a indiqué le parquet. Il ne souffre pas de blessures graves, les balles ayant traversé ses jambes sans créer de lésions. Les enquêteurs privilégient un règlement de compte pour les deux fusillades.

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