Ardèche : Le Teil commémore l'Armistice du 11 novembre et le séisme de 2019

Publié le Mis à jour le
Écrit par Fatima Bouyablane (avec les propos recueillis par Nicolas Ferro, Damien Lefauconnier et Paul Satis)
Le Teil commune d'Ardèche la plus touchée par le séisme le 11 novembre 2019.
Le Teil commune d'Ardèche la plus touchée par le séisme le 11 novembre 2019. © HIELY CYRIL / MAXPPP

Au Teil ce jeudi 11 novembre, on commémore l'Armistice mais aussi le 2e anniversaire du séisme. La petite commune d'Ardèche, était ravagée par un séisme. En quelques secondes, de nombreux habitants ont tout perdu. Aujourd'hui, plusieurs centaines d'entre eux n'ont toujours pas regagné leur logement, les procédures étant longues.

En ce jeudi 11 novembre, la commune du Teil en Ardèche célèbre une double commémoration, celle de l'Armistice et celle du tremblement de terre, survenu il y a deux ans.
Des traces du séisme sont présentes partout. 

Le 11 novembre 2019, il est près de 12h lorsqu'un séisme de 5,4 sur l'échelle de Richter ravage Le Teil, commune de près de 9 000 habitants située en Ardèche. 
La secousse dure entre 6 et 10 secondes. Une poignée de secondes qui détruira tout un village et fera de nombreux sinistrés. Des pans de murs se sont effondrés, des toits se sont affaissés, sans compter les nombreuses fissures. Plus de 800 arrêtés de péril ont été signés par la mairie et plus de 2000 personnes ont dû quitter leur logement.

Dans son discours, ce jeudi 11 novembre, le maire (PS) du Teil, Olivier Pévérelli a notamment fait le point sur les travaux encore en cours dans sa commune dont la reconstruction est loin d'être finie. La population était réunie autour de cette double commémoration.

''C’est important que la population se retrouve, échange, avance Olivier Pévérelli, le maire du Teil. Nous avons passé deux ans un peu chacun chez soi. C’est un traumatisme collectif que nous avons subi et pour avancer, des moments comme celui-là sont très importants''.

800 logements sont toujours inhabitables et un tiers des habitants sinistrés n’ont toujours pas de solution. ''Tout n’est pas réglé, poursuit le maire. 400 logements ont été réhabilités mais il en reste encore 800 qui ne le sont pas deux ans après. C’est lourd, c’est compliqué, certaines personnes perdent patience, on peut le comprendre. Mais ce sont des situations que nous n’avons pas l’habitude de vivre en France. Un séisme, on ne connaît pas. Il faut un apprentissage et puis les relations avec les experts, les assureurs posent quelques fois problème. Nous avons des gros problèmes techniques parce qu’il y a des maisons mitoyennes avec d’autres. Il y a des problèmes juridiques de copropriétés etc.''

Quelques semaines après le séisme, des sinistrés se sont constitués en collectif, par solidarité, pour mieux se défendre et pour aider dans les démarches administratives.
Depuis, plusieurs centaines de sinistrés n'ont toujours pas regagné leur logement et/ou attendent leurs indemnisations. 
C'est la cas de Ludovic, artisan-plombier. Il vit depuis deux ans chez ses parents, à Montélimar. ''Vu qu'on a un plancher bois, explique-t-il, ça a fait un rebond et toutes les cloisons se sont mises en compression''. 
Un an et demi après le séisme, Ludovic reçoit le rapport d'expertise de son assurance mais il juge le montant des indemnités trop faible. Une nouvelle expertise a eu lieu la semaine dernière dernière. Il en attend les conclusions. Les procédures sont longues..
'' Moralement c'est compliqué, poursuit-il, vous ne savez jamais où vous en êtes. Même aujourd'hui, ça fait deux ans et on ne sait pas, on ne fait pas de projets, on ne sait plus…''.

Certains ont pu regagner leur logement, mais doivent faire face à des malfaçons dans les travaux. Frédérique n'a pas l'impression d'être vraiment chez elle. ''Il y a toujours des petits morceaux qui tombent, se désole-t-elle. Certes ce ne sont pas des gros blocs mais des petits morceaux, là ça continue à se fendre. C'est comme si je squattais une maison, c'est comme si je campais. On ne se sent pas à l'aise. Il n'y a plus personne qui vient chez moi, je n'ose pas recevoir les gens''.
Conséquence, elle aussi aura une nouvelle expertise. La procédure se rallonge.

Selon Jean-Yves Hernoux du Collectif Les Sinistrés du Teil, ''certains sont toujours très combatifs, mais il y a une certaine lassitude. D'autres abandonnent et se trouvent dans des difficultés financières énormes. Trois à quatre cents foyers n'ont toujours pas regagné leur logement au Teil, deux ans après le séisme'' .

L'Eglise du village Notre Dame de l'Assomption, qui date du XIXe siècle sera, quant à elle, totalement détruite. Les dégâts étant trop importants, elle n’est pas réparable. Mais elle sera reconstruite. 

Entre 2019 et 2020, une quarantaine de communes en Ardèche mais aussi dans la Drôme également touchée par les secousses, ont été reconnues en état de catastrophe naturelle.

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