Ardèche : le chasseur, tueur du chiot Kinder a demandé pardon pour son acte devant le tribunal de Privas

Le chiot Kinder a été abattu par un chasseur il y a un an à Saint-Agrève, en Ardèche. "Il faisait trop de bruit et risquait de faire fuir le gibier", selon le tireur. Agé de 22 ans, l'auteur du coup de feu a comparu le 11 septembre 2020 devant le tribunal correctionnel de Privas.
Comme en février, première date fixée pour le procès, les associations de défense des animaux de la Drôme et d'Ardèche se mobiliseront aux portes du tribunal de Privas où sera jugé le tueur du chiot Kinder.
Comme en février, première date fixée pour le procès, les associations de défense des animaux de la Drôme et d'Ardèche se mobiliseront aux portes du tribunal de Privas où sera jugé le tueur du chiot Kinder. © ADDA
Simone et Jean-Paul Bruyère se souviennent très bien de ce 29 août 2019. Il y a un an, l'exploitant agricole est en train de décharger du bois, lorsqu'il entend une première détonation, "un chien qui hurle à la mort, puis cinq à six secondes après, un second coup de carabine et ça s'est tu". Il appelle son chien... Rien.

Jean-Paul Bruyère voit une voiture garée au loin, il prend alors son tracteur pour barrer le chemin et appelle les gendarmes. Paul, un jeune homme de 22 ans se retrouve coincé. Face aux questions de Simone Bruyère, il commence par nier. Sauf qu'à l'arrière de la voiture, cachée sous une couverture, il y avait bien une carabine. 

Depuis, le jeune homme a avoué avoir tiré sur Kinder, un chiot Border Collie de 5 mois. "Parce qu'il faisait trop de bruit et risquait de faire fuir le gibier". Sauf que le 29 août, ce n'était pas la période de la chasse. Depuis l'accusé est revenu sur ses déclarations, expliquant que des chiens errants sévissaient dans les environs et avaient fait des dégâts dans des poulaillers. Il a indiqué avoir finalement tué le chien "pensant qu'il faisait partie de ce groupe de chiens errants comme ça se fait parfois dans le coin", a précisé son avocat. 

Il doit s'en expliquer ce vendredi 11 septembre 2020 devant le tribunal correctionnel de Privas. 

 

On ne veut pas l'enfoncer parce que c'est un jeune. Mais que cela serve de leçon.

Simone Bruyère, propriétaire de Kinder


Une pétition réclamant justice pour Kinder a recueilli plus de 135.000 signatures


Cette histoire a particulièrement touché une habitante de Laon, dans l'Aisne. Jugeant les sanctions trop légères contre les auteurs de violences envers les animaux, Gabrielle Paillot a mis en ligne plus de quarante pétitions. Dont une pour réclamer justice pour Kinder.
Le texte affiche plus de 137.000 signatures, à la veille du procès

Gabrielle Paillot mène un combat de fond depuis cinq ans. Son objectif : faire reconnaître les crimes contre les animaux. La militante explique que "bien souvent, les personnes n'écopent que d'amendes ou de prison avec sursis. Or, on voit de plus en plus d'actes de barbarie sur les animaux, comme récemment la mutilation des chevaux."

Lors du procès du tueur de Kinder, Gabrielle Paillot espère que ce soit l'article 521 du code pénal qui soit appliqué pour "acte de cruauté", et pas celui qui stipule la simple atteinte à l'intégrité de l'animal. Le procureur de la république s'en tient à la cruauté, avérée selon lui dans son acte et son intention. Il réclame toutefois "la juste peine, pas celle suscitée par l'émotion" soit quatre mois avec sursis et 500 euros d'amende.


Manifestation aux portes du tribunal

Une première audience avait été programmée le 14 février 2020. Mais elle avait été ajournée, en raison de l'absence de l'avocat de la Défense. Le procès est de nouveau programmé pour ce vendredi 11 septembre 2020. 

 
Plusieurs associations de défense des animaux de Drôme et d'Ardèche se sont mobilisées le 11 septembre au matin, comme en février, aux portes du tribunal correctionnel de Privas. 

Le jeune homme a demandé pardon pour son acte à la fin de l'audience. Le jugement a été mis en délibéré au 2 octobre prochain.
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