En Ardèche, l'exemple d'une station service gérée par la commune

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Écrit par Emilie Rosso avec Ozlem Unal

Alors que la contestation contre la hausse des carburants reprend de l’ampleur et que le prix du litre ne cesse d'augmenter, en Ardèche, à Saint-Félicien, c’est la mairie qui gère la station-service locale depuis presque dix ans. Reportage.

A Saint-Félicien, au cœur des montagnes ardéchoises, on est très fier de ses chèvres, de son célèbre fromage éponyme et de son église. Mais la véritable coqueluche du village, depuis quelques années, c'est sa station essence. Rachetée et entièrement financée par la communauté de communes, qui, en rognant sur ses marges, garantit aux 1200 villageois des prix raisonnables et assure la continuité de ce service de proximité.  

Un service indispensable 

« C’est bien appréciable, parce que sinon il faut faire 20 ou 30 km pour aller à Tournon, à Annonay. Lamastre est encore plus loin », explique une habitante. « C’est un service à la population absolument indispensable, il y a des gens qui ne descendent pas travailler ou faire leurs courses dans la vallée… », ajoute une autre consommatrice.  « Et en plus, sur les routes d’Ardèche, on consomme beaucoup, ça monte, ça descend, il y a peu de kilomètres mais ça consomme », plaisante un autre client à la pompe.

La station-service a été rachetée par la commune en 2013. Avant, elle était privée, mais l’ancien gérant a préféré plier boutique : les travaux de mises aux normes pour la distribution de carburants s’élevaient à plus de 200 000 euros. La station fonctionne désormais 24h/24 et sept jours sur sept. Seul petit hic, d’après une consommatrice : « Il y a un petit surcout, quelques centimes plus cher que dans les grands surfaces ».

Economiser des temps de trajet 

Et pourtant, la ville ne fait quasiment aucune marge. L'objectif n'est pas d'être rentable mais d'améliorer le quotidien des habitants. « On l’achète et on le revend entre 3 et 6 cent de plus, ce qui permet juste de financier l’entretien. Il y a des frais de contrôle, parfois du matériel à remplacer... », affirme Yann Eyssautier, le maire (SE) de Saint-Félicien.

Le prix à payer pour ne pas avoir à « descendre en plaine » pour mettre de l’essence. Les habitants y trouvent donc leur compte en économisant des temps de trajet.  Car ici, avec une seule ligne de bus, ils dépendent presque entièrement de leur voiture. « J’ai trouvé que c’était une bonne chose pour Saint-Félicien, on a besoin de nos voitures pour se déplacer et si un jour on n’a plus de gasoil, c’est la panne complète », témoigne un habitant. « Si je n’avais pas de gasoil, je ne pourrais pas venir faire le marché», raconte lui aussi Cyril Gallopain, éleveur et maraîcher. « Je viendrais bien à vélo, si c’était possible, mais ce n’est pas le cas, sourit-il. Avant on descendait en plaine, cela faisait un surcout, parce qu’il fallait consommer de l’essence pour aller chercher de l’essence, au moins 5 euros l’A/R pour faire les 30 km  avec ma camionnette, c’est le serpent qui se mord la queue ! ».

Et à l'heure où les prix à la pompe ne cessent de grimper, chaque petite économie est une victoire.

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