Fins de mois difficiles : le recours aux chèques différés, une fausse bonne idée ?

En Ardèche, des commerces alimentaires proposent à leurs clients le paiement par chèques différés. Une possibilité qui offre de la flexibilité, mais qui n’est pas sans risque.

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"C’est une habitude surtout" lâche André, 77 ans, en signant un chèque à la caisse de l’Intermarché de Privas, en Ardèche. Ce retraité n’est pas le seul à privilégier ce mode de paiement, qui permet de ne pas être débité directement. Pour pouvoir être prélevé encore plus tard, ce supermarché a mis en place un principe de chèques différés. En clair, les chèques sont encaissés un à deux mois après. Ici, le chèque signé aujourd’hui sera encaissé en mars.

"Il y a de réelles difficultés en fin de mois et donc et cela répond à un besoin de pouvoir décaler ces problématiques de trésorerie" explique Stéphane Pelletier, directeur de l’Intermarché Privas, qui a mis en place cette mesure en 2018.

Jusqu'à présent, le dispositif s'appliquait une seule journée par mois. Il est depuis janvier étendu sur trois jours, les deux dernières semaines du mois. La semaine dernière, un peu plus de 11 000 euros de chèques différés ont été encaissés. 

Le principe de vérification du chèque est similaire à celui d’une carte bleue. Une société extérieure interroge le serveur pour vérifier le paiement. "Le montant minimum est de 40 euros, mais il n’y a pas de montant maximum. Souvent les paiements sont supérieurs à 100 euros" précise le directeur de l’Intermarché. Le concept relance aussi le chiffre d’affaires des supermarchés, dont la fréquentation a baissé ces dernières années. 

"On l’utilise par manque d’argent évidemment. Mais il faut faire attention parce qu’après, sur le compte, il peut y avoir des surprises" témoigne une cliente, qui y recourt ponctuellement. 

La semaine dernière, un peu plus de 11 000 euros de chèques différés a été encaissé au sein de l'Intermarché de Privas, en Ardèche. © FTV

Une pratique qui n'est pas sans risque 

Les chèques différés permettent aussi de fidéliser la clientèle, selon Jean-François Durand, boucher à Privas. "On a affaire à une clientèle qui vient régulièrement et que l’on connaît très bien. On fait tout à fait confiance à nos clients" explique-t-il. Il est régulier que ses clients lui fassent la demande de ne pas être encaissés tout de suite.

Néanmoins, l’association de défense des consommateurs UFC Que Choisir met en garde et conseille de les utiliser le moins possible. "À première vue, cela offre de la flexibilité, mais c’est à prendre avec des pincettes car on peut se laisser aller à faire des achats inconsidérés. Le jour où le prélèvement du chèque tombe, on peut avoir des surprises si on n'a pas les financements derrière" détaille Bernard Got, membre de l’association à Aubenas.  

Pour l’heure, l’association n’a pas reçu de plaintes de clients en difficulté liées aux chèques différés.  

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