Sur les rives du Rhône en Ardèche, découvrez l'histoire de l'invention du béton armé

500 ans d'histoire sur les rives du Rhône en Ardèche. À Tournon-sur-Rhône, le Lycée Gabriel Fauré regorge de trésors historiques, tant par son architecture que par les tapisseries d'époque exposées à l'intérieur. Quand ce n'est pas la passerelle Seguin, du nom de son créateur, qui met en lumière un certain nombre d'inventions, dont le béton armé.

Pour les routes, les immeubles, l'ensemble des constructions de l'ère moderne… le béton armé aujourd'hui est utilisé partout, parfois même un peu trop. Allié à l'acier, ce matériel est l'un des plus résistants face à la pression. Si l'on considère le Français François Hennebique comme l'inventeur du béton armé lorsqu'il coula sa première dalle en 1879, on peut évoquer l'ardéchois Marc Seguin comme précurseur en la matière. 

"Il utilisait la chaux hydraulique, capable de prendre sous l’eau, un peu comme faisaient les Romains. C’est très innovant et d’autant plus que dans sa chaux hydraulique, pour renforcer ses propriétés, il incorpore des barres de fer", explique Valerie Seguin, descendante de l'inventeur. 

"Michel Cotte qui est le grand spécialiste de l’histoire de Marc Seguin et de ses inventions techniques, dit que finalement, c'était l’invention du béton armé", ajoute-t-elle. Malheureusement, enchaînant les déconvenues, l'histoire n'a pas retenu son nom. 

La passerelle Seguin, un incubateur d'innovations 

Tout a commencé en 1825 lorsque l'Ardéchois né à Annonay se lance dans la construction d'un pont enjambant le Rhône pour relier Tournon-sur-Rhône à Tain-l'Hermitage. Cet ouvrage lui permet de mettre au point sa technique des fils de fer tendus qui, accrochés ensemble, supportent une même charge. À l'époque, il s'agit du premier pont suspendu en fil de fer en France. L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1985.

"Le pont, comme d’autres innovations de Marc Seguin, c’est ce que l’on appelle l’innovation en grappe. Il y a l’innovation de proposer ce pont avec ces fils tendus, mais à chaque point du chantier, il y a besoin de nouvelles inventions", souligne Valérie Seguin, avant d'ajouter "Il invente par exemple une cloche à plongeur pour que les ouvriers descendent". C'est alors qu'il crée le béton armé, dans sa forme la plus basique, avec quelques erreurs de parcours. 

"Malheureusement, il y a eu un accident célèbre sur le pont d’Angers, qui était un pont modèle Seguin. Un régiment passe au pas un jour de grosse tempête, le pont se met alors en résonance au passage des soldats, et malheureusement les oscillations sont telles que le pont s’écroule et le régiment finit dans la Loire. Évidemment personne ne sait nager donc c’est un accident dramatique."

Valérie Seguin

Descendante de Marc Seguin

Un malencontreux événement qui a questionné les scientifiques. "Quelle idée monsieur Seguin a-t-il eu d’avoir mis des barres de fer dans de la chaux hydraulique. Évidemment ça a rouillé et ça a entrainé la fragilité du pont", conclut la descendante de l'inventeur. 

500 ans d'histoire au lycée Gabriel Fauré 

Le Rhône en Ardèche, c'est aussi l'histoire du plus vieux lycée de France. À quelques pas du pont de Tournon, en plein cœur de la cité, on y enseigne depuis un demi-millénaire les pieds dans l’eau. L'établissement a été fondé en 1536 par le cardinal François de Tournon. "Ça n’a jamais bougé et jamais cessé d’être un lieu d’enseignement depuis bientôt 500 ans", souligne Carole Boule, présidente de l'association du lycée Gabriel Fauré. 

"On a les deux plus anciennes tapisseries de France qui sont du 16ᵉ siècle. Ce sont des tapisseries des Flandres", ajoute la jeune femme, se baladant au milieu de la galerie des tapisseries, dont certaines ont été restaurées en 1936.

Un peu plus loin, la galerie oratorienne est, elle, un témoignage du 18ᵉ siècle. Construite en 1780, "c’est la troisième chapelle du lycée. On a eu une toute première, toute petite, qui a été embarquée par une crue du Rhône l’année où elle a été réalisée", explique Carole Boule, avant de se diriger vers la bibliothèque. Comme le reste de l'édifice, elle a subi les aléas du temps, tout en conservant les traces de cette histoire. 

"On est sur un bâtiment qui a vécu et on avait une toute première bibliothèque. Malheureusement, en 1714, on a eu un terrible incendie. On a quand même conservé ce livre qui date de 1596 et qui contient des marques de l’incendie", souligne la présidente de l'association, le livre aux traces de brûlé entre les mains. Dans cette bibliothèque, on retrouve, entre autres, les planches d’histoire naturelle de la description de l’Égypte.

"Napoléon avait emmené les soldats pour faire la campagne d’Égypte, mais il avait aussi emmené avec lui une bonne centaine de savants pour faire des croquis de tout ce qu’il voyait", conclut la jeune femme. Une richesse culturelle que les lycées ont l'opportunité de partager lors des journées mondiales du patrimoine. 

La péniche "Bed and Bicycle" : "une escale pour les personnes à vélo" 

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Sur sa péniche "Bed and Bicycle", David Faure fait dormir les touristes de passage dans une ancienne cale de marchandises. ©France Télévisions

Un bâtiment que les touristes ont la chance d'observer lors de leur périple le long du Rhône. Et entre deux visites, ils peuvent s'arrêter sur la péniche "Bed and Bicycle" de David Faure, créée en 2018 pour accueillir les cyclistes à la recherche d'un endroit où passer la nuit. "C’est parti de mon projet de parcourir la Via Rhôna, avec l'idée de pouvoir proposer des escales à ces personnes à vélo", explique l'hôte.

À l'intérieur, cinq cabines, une cuisine, deux tables d'hôtes, deux petits salons, et même un coin spa installé à la place du logement du marinier, tout le nécessaire pour passer un séjour agréable sur le fleuve, voire sous le fleuve depuis le hublot des cabines. 

"On a fait nos cabines dans la cale. Si tu veux, il y avait 400 tonnes de marchandises il y a encore deux ans", ajoute David Faure. "Pour nous, c'est très important de garder le côté bateau parce que l’on aime cette culture, et puis ça a une vie. Le marinier qui a voulu nous vendre ce bateau a navigué 47 ans avec sa famille dessus, donc il y a une vraie âme", conclut l'hôte, qui prévoit d'ouvrir une deuxième péniche cet été à Saint-Colombe. 

À découvrir dans "Au fils du Rhône", vendredi 18 août à 18 h 40 sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes et le week-end sur France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu Isère, France Bleu Saint-Etienne Loire et France Bleu Pays de Savoie

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