Assemblée Nationale: la création d’un nouveau groupe de députés n’émeut pas les responsables LREM du Puy-de-Dôme

En annonçant le 18 mai la création d’un 9ème groupe à l’Assemblée Nationale, 17 « marcheurs » et « ex-marcheurs » ont privé La République En Marche de la majorité absolue. Pour les responsables du Puy-de-Dôme et de l’Allier, on est loin d’un séisme politique.

En attendant le retour de tous les députés tenus à l'écart de l'hémicycle pendant le déconfinement, il faudra compter avec un 9ème groupe à l'Assemblée Nationale
En attendant le retour de tous les députés tenus à l'écart de l'hémicycle pendant le déconfinement, il faudra compter avec un 9ème groupe à l'Assemblée Nationale © Gonzalo Fuentes - AFP
Le groupe LREM a perdu la majorité absolue à l’Assemblée Nationale en tombant à 288 sièges (un en dessous du seuil de 289) lors de la création lundi 18 mai d’un 9ème groupe politique baptisé "Ecologie Démocratie Solidarité". Est-ce un tournant dans le quinquennat d’Emmanuel Macron qui ne dispose plus du soutien inconditionnel des députés ? "Sur la majorité, je ne suis pas inquiète car on a des alliés Modem et UDI-Agir" (environ 50 députés) réagit Valérie Thomas, députée de la première circonscription du Puy-de-Dôme. "Ça va juste être un peu plus compliqué pour l’organisation des débats car un groupe de plus, cela génère du temps de parole supplémentaire, or les débats s’éternisent et on n’en a pas besoin en ce moment".

"Je suis d’accord avec Stanislas Guerini, et comme dirait le président Emmanuel Macron, il y a une faute de temps. On est en période de reprise, ce n’est pas le moment de créer une dissension" rajoute Guy Lavocat, co-référent LREM du Puy-de-Dôme et membre du bureau exécutif national. Pour  Bénédicte Peyrol, députée de la troisième circonscription de l’Allier "C’est un non évènement. La priorité des Français c’est la gestion de la crise, les accompagner dans la reprise et accompagner les personnes les plus fragilisées".

Valérie Thomas pousse un peu plus loin la critique "C’est une aberration, on a été élus sur un programme, tous en défendant ce même programme qu’on met en œuvre depuis le début du mandat, et il me semble qu’on ne s’en est pas éloigné. C’est indigne de la façon dont on a été élus : on l’a été parce qu’on a soutenu un candidat à la présidence de la République et justement parce que ce président a été élu".

Le retour des frondeurs ?

Les frondeurs, ces députés socialistes qui s’étaient opposés à la politique économique et sociale de François Hollande seraient-ils de retour à l’assemblée Nationale, à deux ans de la fin du premier quinquennat d’Emmanuel Macron ? Ce n’est pas l’analyse de Guy Lavocat : "On a eu une réunion du bureau exécutif lundi soir avec Stanislas Guerini et plusieurs ministres, on est tous en phase : on ne considère pas que soient des frondeurs mais ça n’entache pas ce qui a été fait depuis le début du quinquennat".

Ce groupe composé notamment par Cédric Villani (candidat à la mairie de Paris), Matthieu Orphelin (proche de Nicolas Hulot), Aurélien Taché et Delphine Batho (ex-ministre de l’écologie et présidente de Génération Ecologie) "C’est une aventure d’individualités qui n’a pas de cohésion, l’idée même du groupe ne leur convient pas, car dans un groupe les individualités sont écrasées" dit Valérie Thomas.

La difficulté de construire une 3ème voix

En 1978, Valéry Giscard d’Estaing avait créé l’Union pour la Démocratie Française au centre de l’échiquier politique alliant les composantes giscardiennes et centristes de la majorité, se glissant entre le RPR et le Parti Socialiste. Le nouveau groupe "Ecologie Démocratie Solidarité" qui se situe sur l’aile gauche de La République En Marche pourrait aujourd’hui apparaitre comme un révélateur de la difficulté qu’il y aurait en France à faire évoluer le paysage politique.

"C’est sûr que dépasser les clivages politiques est difficile, car l’histoire de notre pays est marquée par le bipartisme" dit Guy Lavocat. "Le défi d’Emmanuel Macron c’était d’en sortir, c’est un travail titanesque, sans créer de courants or on ne va pas recréer de courants, ni en interne, ni en externe et il y a au sein de LREM des gens qui assument être de gauche ou de droite, ce qui ne les empêche pas d’être au gouvernement comme Edouard Philippe. Sur les questions sociales, ils pensent que c’est un courant de gauche qui doit les porter or c’est quelqu’un comme Jean-Michel Blanquer qui a fait le dédoublement des classes".

"J’ai vu quelques bribes de leur charte dès lundi soir, ça ne me semble pas si éloigné que ça de ce qu’on fait actuellement" précise Valérie Thomas qui conclut "si on veut trouver une vraie légitimité à ce groupe, il faut démissionner et retourner devant les électeurs pour se faire réélire…".
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
la république en marche politique
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter