En Auvergne-Rhône-Alpes, le nombre de travailleurs frontaliers a plus que doublé en 17 ans

De plus en plus de travailleurs frontaliers en Auvergne-Rhône-Alpes, c'est le constat dressé par l'Insee dans une étude publiée vendredi. Habitant pour la plupart dans l'Ain et la Haute-Savoie, leur nombre a plus que doublé en 17 ans.

Des embouteillages à la douane de Perly, entre la France et la Suisse, près de Genève. (Illustration)
Des embouteillages à la douane de Perly, entre la France et la Suisse, près de Genève. (Illustration) © FABRICE COFFRINI / AFP
La Suisse attire de plus en plus d'actifs vivant en Auvergne-Rhône-Alpes. Entre 1999 et 2016, le nombre de travailleurs frontaliers a plus que doublé : 115 000 habitants de la région occupent à ce jour un emploi de l'autre côté de la frontière. Ils étaient 53 000 il y a 17 ans, selon les chiffres publiés par l'Insee vendredi 10 juillet.

"Auvergne-Rhône-Alpes est la région qui compte le plus de travailleurs frontaliers après le Grand Est", rapporte l'Institut national des statistiques et des études économiques. Avec près de 400 kilomètres de frontières terrestres avec l'étranger, Auvergne-Rhône-Alpes comptait, en 2016, 30% des frontaliers de France contre 43% pour le Grand Est - 169 000 travailleurs étaient employés principalement au Luxembourg et en Allemagne.

Habitant principalement l'Ain et la Haute-Savoie, les frontaliers d'Auvergne-Rhône-Alpes travaillent pour leur immense majorité en Suisse. "La région occupe une place centrale dans les échanges avec ce pays puisqu'elle réunit 61% des 188 000 résidents de France métropolitaine employés en Suisse", précise l'Insee.
 
Cette croissance soutenue des frontaliers, est la conséquence des accords sur la libre circulation des personnes entre l'Union européenne et la Suisse entrés en vigueur à partir de 2002, "mais aussi de la forte attractivité de l'économie helvétique", ajoute l'Insee.

 

Haut niveau de salaire, droit du travail souple...


L'Institut évoque pèle mêle un PIB par habitant supérieur à celui de la France, des niveaux de salaires parmi les plus élevés au monde, le caractère majoritairement francophone de l'ouest de la Suisse et un droit du travail relativement souple.

"Du fait de son attractivité et de sa proximité, le canton de Genève concentre d'ailleurs 84% des frontaliers qui habitent la région", indique encore l'Insee, précisant qu'en 2016, plus d'un Haut-Savoyard sur cinq exerçait son activité professionnelle en Suisse. A la faveur de l'évolution de la situation sanitaire dans les deux pays, la France et la Suisse ont rouvert mi-juin tous les points de passage frontaliers entre les deux pays après trois mois de fermeture.
 
En France, près de 400 000 personnes traversent la frontière pour travailler dans un pays voisin, dont une majorité vers quatre grands pôles d'activité économique localisés à proximité des frontières françaises : Genève, Luxembourg, Bâle et Monaco. Trois déplacements transfrontaliers sur cinq se font à destination de ces pôles.

 
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