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Bernard Ripert, avocat de Grenoble, interdit d'exercer pendant un an

L'avocat Bernard Ripert est condamné à une interdiction d'exercer d'une année par la Cour d'appel de Grenoble. Le Parquet Général avait fait appel de la décision du conseil de discipline pour des propos "contraires à la déontologie" tenus lors du procès Soares. L'avocat se pourvoit en cassation.
Maître Ripert en pleine plaidoirie devant sa cliente Denize Soarès.
Maître Ripert en pleine plaidoirie devant sa cliente Denize Soarès. © Christophe Busti pour France 3 Alpes
Bernard Ripert avait été condamné durant l'hiver dernier à deux mois d'interdiction d'exercer avec sursis par le Conseil régional de discipline. Mais le Parquet Général a fait appel de cette décision, voulant sanctionner plus fermement des "propos contraires à la déontologie et aux règles professionnelles". La sentence est aujourd'hui plus forte: un an de suspension. Bernard Ripert se pourvoit en cassation, mais son recours n'est pas suspensif. Selon lui, à son âge, cette condamnation s'apparente à une "interdiction définitive".

Aux Assises de Chambéry puis devant la Cour d'Assises de l'Isère (lors du fameux procès Soares), Maître Ripert n'avait pas été avare de termes peu flatteurs à l'endroit des magistrats ou d'avocats de la partie civile.

Reportage Isabelle Guyader et Dominique Bourget
durée de la vidéo: 01 min 58
Bernard Ripert interdit d'exercer

 

Moi, je représente une justice debout, pas à quatre pattes!"


"On m'interdit de travailler parce que je suis un avocat combatif. Je dénonce des dysfonctionnements, l'arbitraire, les injustices de la justice". Bernard Ripert dénonce: "On ne me reproche rien de sérieux, simplement d'avoir dit quelques vérités primaires. Je suis un criminel parce que je dis la vérité. Si on m'interdit dans les prétoires, j'irai la dire ailleurs. Si on est là pour dire aux magistrats ce qu'ils veulent entendre, alors on n'est pas digne d'exercer ce métier."

Bernard Ripert, pénaliste reconnu, pour son talent et ses "coups de gueule", a notamment défendu Joëlle Aubron, militante d'Action Directe, le groupe armé d'extrême gauche. Arrêtée en 1987, après les assassinats du Général Audran et de Georges Besse, elle avait été condamnée, comme les autres membres du groupe, à la réclusion criminelle à pérpétuité. Bernard Ripert avait obtenu sa libération, pour raisons de santé, en 2004. Joëlle Aubron, atteinte d'un cancer au cerveau, est décédée deux ans plus tard.

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