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Bidonville de Grenoble: "la Ville souhaite que la Justice fasse le sale travail à sa place", selon l'avocat des Roms

C'est devant le tribunal administratif de Grenoble que la Ville a demandé l'expulsion des habitants du bidonville de l'avenue Esmonin. Pour le collectif Hébergement-Logement qui défend ces Roms, "la Ville souhaite que la Justice fasse le sale travail à sa place".  

Devant le tribunal
Devant le tribunal © France 3 Alpes
L'audience de ce mardi 7 juillet a eu lieu suite à la requête en référé déposée par la mairie de Grenoble. Dès le mois de mai, Eric Piolle avait expliqué qu'il utiliserait la voie judiciaire pour procéder à l'évacuation du bidonville de l'Avenue Esmonin. Près de 300 personnes y vivent. Des habitants qui ont pris leurs aises depuis quelques jours, s'installant autour du campement, à la recherche désespérée d'ombre.

Quelques uns avaient fait le déplacement devant le tribunal avec des membres du "collectif Hébergement-Logement". A sa sortie, leur avocat a repris sa défense devant les journalistes. Pour Maître Alban Costa, si la situation est ce qu'elle est aujourd'hui c'est à cause de la mairie qui "a joué aux apprentis sorciers en faisant fermer tous les bidonvilles de la cité, obligeant les Roms à venir s'installer au campement Esmonin". Sur ce passage en référé, le défenseur a rappelé que le maire avait la possibilité de procéder à l'expulsion sans passer par la case tribunal administratif, il l'accuse "d'utiliser la Justice pour faire le sale travail à sa place". 

Interview
durée de la vidéo: 00 min 23
Interview Collectif de défense du camp

L'avocat de la Ville a, lui, insisté sur la situation qui s'est dégradée en quelques mois dans ce camp, avec une gestion quasi mafieuse des abris de fortune. Le délibéré est attendu ce mercredi.

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