Le cannabis " légal " arrive dans les magasins d'Auvergne

Publié le Mis à jour le
Écrit par Maxime Van Oudendycke

Une boutique qui vend du CBD a ouvert début août à Moulins dans l'Allier. A Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), une autre propose déjà le produit depuis plus d'un an. Derrière ces trois lettres se cache le cannabidiol, un composé actif majeur du cannabis.

Les sachets se trouvent aux côtés du basilic sacré et de l'armoise. Le cannabis a réussi à se faire une place sur les étagères de ce magasin d'herbes et fleurs, rue Brechimbault à Moulins. C'est la première boutique de l'Allier à vendre du CBD, du cannabidiol, extrait de la plante de cannabis. Et c'est légal. Car contrairement au THC ( le tétrahydrocannabinol, l'autre composé actif majeur du cannabis ), le CBD ne présente pas d'effet psychotrope et n'est pas classé comme stupéfiant par les autorités.

Ce qui en fait son attrait c'est qu'en revanche, il détient les mêmes vertus relaxantes que son cousin interdit. D'ailleurs, dans la boutique de Christelle Fantou, la majeure partie des clients a plus de 50 ans. " C'est un magasin de produits de bien-être. On est pas du tout dans le cadre d'un coffee shop. Ce n'est pas récréatif " explique-t-elle. Oubliez la " défonce " : le cannabidiol est recherché pour ses effets appaisants et lutter contre les douleurs physiques.

 

Non thérapeutique

Mais attention, le CBD n'est pas un médicament. D'ailleurs, la loi interdit les fabricants et les vendeurs de faire la publicité ou de revendiquer de quelconque vertues thérapeutiques. " Je ne suis pas pharmacien, je ne suis pas médecin. Je ne peux pas dire que ça va soulager tel ou tel truc " reconnaît Kévyn, vendeur chez FoxSeed à Clermont-Ferrand. Mais il n'hésite pas à partager les retours d'expérience de clients précédents. Et leur nombre ne cesse d'augmenter. Cela fait plus d'un an déjà que le CBD est en vente ici. Il représente aujourd'hui près de 15% du chiffre d'affaires du commerce.

 

Un produit très encadré

La tendance au cannabidiol a laissé pointer quelques dérives et se répandre de nombreuses rumeurs à travers le pays. Les autorités restent donc attentives à l'émergence de ces points de vente de CBD. A Reims par exemple, un magasin a fermé dès le lendemain de son ouverture suite à des saisies pour contrôle des marchandises. Car le cadre légal est très strict. Contrairement à ce que certains clients ont pu croire, il n'y a aucune marge de tolérance quant à la présence de THC dans les produits commercialisés ( un taux de THC inférieur à 0,2% était avancé mais il n'en est rien ). La mission interministérielle de lutte contre la drogue et les conduites addictives ( Mildeca ) a tenu à le rappeler à la mi-juin. Elle a même publié un mémo récapitulatif du cadre légal :
  • Les variétés de chanvre autorisées à des fins industrielles et commerciales sont réglementées et inscrites dans le Code de la santé publique ;
  • L'utilisation et la commercialisation de fleurs ou feuilles de chanvre, ou de produits obtenus à partir de ces parties de la plante, ne sont pas autorisées, quelle que soit la variété ;
  • Les e-liquides et autre produits à base de CBD sont  interdits s’ils contiennent du THC quel que soit la quantité et s’ils ne sont pas obtenus à partir de variétés et de partie de plantes autorisées;
  • Aucune vertu thérapeutique ne peut être revendiquée notamment par les fabricants, vendeurs de produits contenant du CBD.
  • Toutes les publicités portant allégations de vertus thérapeutiques sont interdites (à l’exception des médicaments bénéficiant d’une AMM).
La ministre de la santé Agnès Buzyn a paru très concernée durant l'été par la prolifération des boutiques de cannabidiol. Elle avait déclaré vouloir revoir la législation pour éviter tout " flou " pour les commerçants.
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