Elections départementales dans le Cantal : ce qu’il faut retenir du débat diffusé sur France 3 Auvergne

Un débat entre cinq candidats aux élections départementales dans le Cantal était organisé lundi 7 juin sur France 3 Auvergne. Etaient présents Bruno Faure (LR), Céline Charriaud (SE), Pierre Mathonier (PS), Alain Calmette (En Marche) et Sébastien Prat (PCF). Voici ce qu’il faut retenir du débat.

A quelques jours du premier tour des élections départementales, un débat a été organisé entre cinq candidats du Cantal.
A quelques jours du premier tour des élections départementales, un débat a été organisé entre cinq candidats du Cantal. © N.Palomo/FTV

A l’approche des élections départementales, un débat entre 5 candidats issus de divers cantons du Cantal était organisé lundi 7 juin sur le plateau de France 3 Auvergne en collaboration avec La Montagne et France Bleu pays d’Auvergne. Etaient invités à débattre :

Retrouvez ici le débat dans son intégralité. 

Élections départementales dans le Cantal : l'intégralité du débat

Renverser la droite, mission impossible ?

Dans le Cantal, la droite est aux commandes du département depuis des décennies et s’annonce difficile à renverser d’autant que la gauche, qui s’était montrée unie aux élections municipales, se disperse. Dans certains cantons, aucun accord n’a pu être trouvé entre les différents partis de gauche et notamment à Aurillac. Cela n’inquiète pas Pierre Mathonier (PS), qui envisage même une alliance au second tour : « La majorité municipale était un regroupement de partis et de personnes mobilisées sur des valeurs sociales et humanistes. Il y avait un programme commun qui nous a servi de base. Pour les départementales, je pense qu’au deuxième tour, la question ne se posera pas et on regroupera nos forces et nos voix de façon intelligente et pertinente. »

Pour Sébastien Prat (PCF) : « On se félicite que nous ayons réussi l’union à Aurillac même si ça n’a pas été possible dans les cantons Aurillacois. Nous sommes très déçus et nous le regrettons puisque depuis plusieurs mois, nous les communistes dans le Cantal travaillons un programme en 30 points « Cantal Terre d’Avenir » et nous aurions aimé que l’on puisse le porter avec une union de la gauche partout où c’était possible. Ca n’a pas marché à Aurillac, après la politique municipale c’est un sujet, la politique départementale c’en est un autre. »

Alain Calmette, lui, a fait un pas vers le centre : « Je suis un homme de gauche depuis toujours, d’une gauche social-démocrate, celle qui affronte la réalité et ne se réfugie pas dans la contestation permanente et des alliances contre-nature de type extrême gauche. L’enjeu aujourd’hui n’est pas la gouvernance, Bruno Faure, l’actuel président du Conseil Départemental, le sera à nouveau dans quelques jours. L’enjeu ce n’est pas d’élire des conseillers qui iront dans le sens de Bruno Faure ou des candidats de gauche, communistes ou écologistes qui voteront toujours contre. L’enjeu c’est d’élire des gens comme moi qui voteront les budgets dans leur intérêt et ne se réfugieront pas derrière des a priori dictés par l’appartenance politique. »

Pas d’a priori non plus pour Céline Charriaud, qui se présente sans étiquette : « Ce qui nous anime, c’est d’agir dans l’intérêt général et dans l’intérêt des Cantaliens à l’échelle départementale en outrepassant les clivages politiques qui peuvent survenir à l’échelle nationale. » Bruno Faure (LR) semble, lui, plus effrayé par l’abstention que par ses adversaires politiques: « Je suis prêt à être enthousiasmé par l’ensemble des forces présentes. C’est vrai que l’une des difficultés que l’on a notamment sur Aurillac et un des enjeux de cette élection, ça va être l’abstention. Ce qui est fait sur Aurillac n’est pas de nature à clarifier la situation. Ca peut troubler les cartes et dissuader l’électeur d’aller voter. Ce qu’on souhaite, en tant que candidat, c’est qu’il y ait un maximum d’électeurs qui participent. » Il souhaite porter un « nouveau projet » dans ce futur mandat.

Maximiser l’offre de santé

Depuis 140 ans, le Cantal n’a cessé de perdre des habitants. Pour stopper l’hémorragie et rendre le territoire plus attractif, il faut enrichir l’offre en termes de santé et le département a une carte à jouer, selon Sébastien Prat (PCF) : « Il n’y a pas forcément de remède miracle mais on peut malgré tout collectivement se féliciter car le Cantal est une terre prisée par les jeunes médecins qui s’installent. Ce que l’on voit c’est que les déserts médicaux progressent, pas seulement dans les campagnes mais aussi dans les villes centres comme Aurillac. Beaucoup de gens ne trouvent pas de médecin traitant. Je pense qu’il faut travailler avec les professionnels de santé qui sont sur le territoire. Le département pourrait tenter d’installer des centres de santé là où il y a un trou dans la raquette. Ces médecins seraient salariés par le Conseil Départemental et pratiqueraient le tiers-payant. »

Pour Céline Charriaud (SE) il faut utiliser le « réseau des professionnels de santé » déjà présents sur le territoire : « Les territoires s’organisent, on a des contrats locaux de santé, on a une action au conseil départemental qui coordonne ces contrats locaux et des actions qui mettent en réseau ces professionnels de santé qui sont les mieux placés pour promouvoir ce territoire. » Pour Pierre Mathonier (PS) : « Il y a une organisation de santé qui est le Groupement Hospitalier de Territoire qui couvre tout le département du Cantal et qui est d’ailleurs piloté par l’hôpital Henri Mondor et qui vitalise le territoire du point de vue de la santé. Avec la télémédecine, aujourd’hui, il est proposé des solutions actives et opérationnelles. Aujourd’hui, le territoire est attractif pour les médecins. Il n’est pas suffisamment attractif et il n’y a pas suffisamment de médecins en France mais globalement, on a beaucoup de jeunes médecins qui s’installent. Après, pour les spécialités rares, c’est plus compliqué ».

En effet, les médecins spécialisés comme les ophtalmologistes dans le Cantal sont très rares, comme le reconnaît Bruno Faure (LR) : « Ces professions sont en tension. Ca va du kiné jusqu’à l’ophtalmo. On participe au déploiement des maisons de santé, à la télémédecine et également à l’accueil des jeunes internes mais effectivement, demain, on ne s’interdit pas d’ouvrir une maison de santé, on ne s’interdit pas des consultations mobiles ».

Réorganiser les transports

Aurillac est le chef-lieu de département le plus éloigné d’une autoroute (environ 1h30). Pour Alain Calmette (soutenu par En Marche), le désenclavement du territoire passe par des projets routiers : « Il faut se départir d’une idéologie trop dogmatique en matière d’écologie. Le département du Cantal a une spécificité, c’est sa difficulté de déplacement. Là où on peut trouver des transports doux assez facilement dans des métropoles, dans le Cantal, pour aller travailler, pour aller au collège ou au lycée, il faut encore une voiture. Je soutiens totalement les projets routiers car ils sont une composante indispensable de la vie quotidienne dans le Cantal. Ça n’empêche pas de développer l’usage du vélo, de contrecarrer le désengagement de la SNCF. »

Pour Sébastien Prat (PCF), un « plan d’urgence » du ferroviaire est nécessaire : « Le département n’est plus une autorité organisatrice de transports depuis quelques mois mais à les moyens de batailler avec les usagers et les cheminots pour ces trains du quotidien et ces liaisons vers Paris. Le rail est ouvert à la concurrence et cette ouverture freine le développement ferroviaire du Cantal puisqu’aucune compagnie privée, qui a pour but la rentabilité, ne viendra. » Ce propos est partagé par Céline Charriaud (SE) : « Il faut que l’Etat reste présent pour que ce train devienne un moyen de transport moderne au même titre que la ligne aérienne aujourd’hui sur le département. »

Selon Bruno Faure (LR) : « Il est indispensable que nos entreprises aient un accès rapide à la route et à l’avion. Pour le train, on s’est mobilisés au Conseil Départemental pour la remise en place d’une liaison de nuit qui a été supprimée il y a une quinzaine d’années à peu près. On annonce un retour pour 2030, ce qui ne peut pas nous satisfaire sur le fond. Le département est le bon échelon pour faire valoir nos droits. » Pour Pierre Mathonier (PS), la route doit être prioritaire : « Notre géographie fait que la zone urbaine autour d’Aurillac est de 50 km, donc il n’y aura pas de trains ni de transports en commun dans tous les sens. » Il ajoute que l’avion est également indispensable pour Aurillac.

Le 1er tour des élections départementales aura lieu le dimanche 20 juin.

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