Grève du 10 décembre : pourquoi la Confédération Paysanne est un des seuls syndicats agricoles à manifester

Photo d'Illustration. Des agriculteurs de la Confédération Paysanne lors d'une action en août 2018. / © GUILLAUME SOUVANT / AFP
Photo d'Illustration. Des agriculteurs de la Confédération Paysanne lors d'une action en août 2018. / © GUILLAUME SOUVANT / AFP

Après la grève du 5 décembre dernier, le syndicat Confédération Paysanne a rappelé ses adhérents à manifester, ce mardi 10 décembre à l'occasion d'une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites. Il est un des seuls syndicats agricoles à descendre dans la rue.

Par Antoine Belhassen

Après une première journée de grève jeudi 5 décembre, les agriculteurs du syndicat Confédération Paysanne retourneront dans la rue pour la deuxième journée de mobilisation prévue mardi 10 décembre. L'appel de la Confédération Paysanne, comme celui du Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux (MODEF), va à l'encontre des consignes données par les autres syndicats du secteur comme la FNSEA et Jeunes Agriculteurs.

"Si on part du principe d'une retraite égale pour tous avec un régime universel, alors oui, cela peut être bénéfique pour les agriculteurs", explique Mathieu Goubin, animateur Confédération Paysanne dans le Cantal, avant de nuancer : "Mais ce n'est pas suffisant et, de plus, il n'y a aucune garantie."

"Il y a deux ans, une proposition de loi en faveur d'une retraite à 85 % du SMIC était à l'étude. Ce projet n'a jamais vu le jour. Nous avons donc de quoi être méfiants", rappelle Mathieu Goubin.

De plus, cette réforme, si elle améliore potentiellement le sort des futurs retraités agricoles, ne change rien à celui des retraités actuels. La Confédération Paysanne manifeste également pour une revalorisation immédiate : "A l'heure actuelle, un agriculteur à la retraite touche en moyenne 800 euros par mois. 600 pour les femmes."

Une "convergence des luttes"

Pour évoquer ces mobilisations, la Confédération Paysanne parle de "convergence des luttes" et entend manifester contre d'autres problématiques du secteur : "Les accords de libre-échange comme le CETA ou le non-respect de certains points de la loi Egalim ne permettent pas aux agriculteurs de mieux vivre et d'être rémunérés à leur juste valeur. Se mobiliser pour de meilleures rémunérations, c'est aussi se mobiliser pour une meilleure retraite", poursuit l'animateur Confédération Paysanne du Cantal.
 

Ce mardi, il retournera dans les rues d'Aurillac avec une dizaine d'agriculteurs. En France, d'autres délégations départementales de la Confédération Paysanne ont également appelé à manifester. Mathieu Goubin regrette l'absence des autres syndicats sans se dire surpris.

La FNSEA, syndicat majoritaire, ne s'est pas joint au mouvement. Le mardi 3 décembre dernier, au sortir d'une réunion avec le Premier ministre, Edouard Philippe, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, avait expliqué que "si demain, un euro cotisé donne les mêmes droits à tout le monde, ça ne peut être que mieux pour les agriculteurs."

A l'instar de la Confédération Paysanne, la FNSEA demande une revalorisation immédiate des pensions pour les retraités actuels.

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