Cantal : le coup de gueule d’un éleveur de veaux qui refuse de brader ses bêtes

A Saint-Etienne-de-Maurs, dans le Cantal, Stéphane Malroux est un éleveur en plein désarroi. / © Laëtitia Théodore / France 3 Auvergne
A Saint-Etienne-de-Maurs, dans le Cantal, Stéphane Malroux est un éleveur en plein désarroi. / © Laëtitia Théodore / France 3 Auvergne

A Saint-Etienne-de-Maurs, dans le Cantal, un éleveur de veaux refuse de brader ses bêtes aux négociants. Depuis plusieurs mois, ils achètent les animaux sans fixer de prix de vente. C’est ce que l’on appelle la vente en confiance. Mais les marchés sont saturés et les prix très bas.
 

Par C. L avec Laëtitia Théodore

A Saint-Etienne-de-Maurs, dans le Cantal, Stéphane Malroux s’insurge contre la vente en confiance. Depuis plusieurs mois, les négociants achètent les animaux sans fixer de prix de vente. Sur son exploitation, Stéphane a dû créer un espace supplémentaire pour accueillir des veaux. L’éleveur explique : « Il y a 4 femelles qui vont servir pour le renouvellement et 5 mâles qui auraient dû partir il y a 5 mois. Je les ai castrés et gardés pour faire des bœufs car on me proposait un prix dérisoire au moment de les vendre ».

Des marchés saturés

Des montants de 50, 100 euros, tout au plus, c'est le prix que les marchands de bestiaux lui faisaient espérer. Mais sans certitude. Car pour ne prendre aucun risque face à des marchés de la viande saturés, les négociants pratiquent la vente en confiance. Il s’agit d’une vente où le prix des veaux n'est pas fixé à l'avance, mais selon les débouchés. Stéphane Malroux indique : « Le négociant se plante devant votre veau, vous regarde et dit qu’il ne sait pas combien il peut en donner. Il demande à le mettre en confiance et me payera en fonction de ce qu’il sera payé. On travaille sans savoir vraiment le prix de nos produits. On n’arrive plus à le défendre. Le gars qui a 100 vaches ne peut pas garder tous ses veaux. Il garde les femelles qu’il lui faut et laisse partir les autres quel que soit le prix ».

On est obligé de prendre ce que l’on nous donne

A la fin de l'été, faute de fourrage en quantité suffisante, Stéphane a dû vendre en confiance 2 vaches de son troupeau. Il espérait toucher 1 000 euros. La vente ne lui en rapportera au final que 380. L’éleveur raconte : « On est obligé de prendre ce que l’on nous donne. Contrairement à ce qui avait été prévu à Rungis, le président Macron avait fait un très beau discours et expliqué que l’on allait être payé en fonction de nos coûts de production, pour inverser le système de définition des prix, c’est totalement faux aujourd’hui. On voit que ça reste le marché qui fait le prix et si on est payé en dessous des coûts de production, tant pis pour nous ». Les veaux de Stéphane finiront en veaux gras ou en bœufs, commercialisés en vente directe à la ferme. Une manière de refuser de brader le fruit de son travail.

 

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