"Combats de coqs" : la tradition bat de l’aile, les derniers coqueleurs tentent de ne pas y laisser toutes leurs plumes

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Tradition et transmission pour ce premier documentaire de l’année 2021. Direction les Hauts-de-France avec quelques-uns des derniers coqueleurs. Une belle galerie de portraits sur fond de polémique liée à la cause animale. "Combats de coqs", un film haut en couleurs réalisé par François Hérard.

La tradition, c’est celle des coqueleurs du Nord-Pas-de-Calais. Seule région de France métropolitaine où les combats de coqs sont encore autorisés. Une tradition venue d’Angleterre au 18ème siècle et supprimée par la loi de 1964 sauf dans les localités où la pratique a été ininterrompue. Il se dit même que l’on doit ce "privilège" au général de Gaulle. Originaire de Lille, il n’aurait pas voulu interdire les combats dans sa région natale. Il aurait même dit : "De toute façon, les coqs, on finit toujours par les manger. Quand j’en ai un dans mon assiette, peu importe la façon dont il est mort".

La transmission, c’est celle de la famille de Gérard. Il est l’un des 800 éleveurs de gladiateurs à crête encore en activité. Il a 75 ans et s’il y va encore deux ou trois fois par semaine aux coqs, c’est son fils, Freddy, qui élève le bataillon de 150 combattants. Freddy qui transmet sa passion à son fils Rémy.

De toute façon, les coqs, on finit toujours par les manger…

Charles de Gaulle

Mais la tradition est aujourd’hui menacée dans son existence même. A cause de l’opinion publique relayée par les défenseurs de la cause animale ? A cause du désintérêt des jeunes générations pour l’élevage de coqs de combat, trop contraignant ? Alors, le désir du jeune Rémy de perpétuer la tradition risque de battre de l’aile. D’autant plus qu’en 2015, le Conseil Constitutionnel a confirmé l’interdiction d’ouvrir de nouveau gallodromes (les salles de combats de coqs).

Pratiqué depuis plusieurs générations, ce loisir n’intéresse aujourd’hui plus que les vieux briscards du gallodrome. Dans les années 20, il y avait près de 15 000 coqueleux dans le Nord. Ils sont désormais moins de 1 000. Peu nombreux mais toujours aussi passionnés et dont le savoir-faire d’entraineur se transmet de père en fils. C’est ce que raconte le film de François Hérard.

C’est pas rentable et ça n’intéresse pas les jeunes.

De l’entrainement des coqs aux gallodromes à l’ambiance surchauffée par les parieurs, on découvre un monde à part. Celui d’une passion partagée dans d’autres départements et territoires français : la Réunion, les Antilles, la Guyane et la Polynésie. Avec le documentaire"Combats de coqs", on lève le voile sur une activité légale mais devenue confidentielle par manque de relève.

"Combats de coqs", un film réalisé par François Hérard (Productions Cercle Bleu/France3 Hauts-De-France), diffusion le lundi 4 janvier 2021 à 23h sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes et en replay jusqu'au 4 février 2021.

Pour aller plus loin :

  • Combats de coqs de Olivier Danaë, histoire et actualité de l’oiseau guerrier chez l’Harmattan
  • Combats de coqs de Charles Willeford, roman à la première personne, livre de poche



Le film

 

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