Coronavirus : 450 détenus libérés des prisons d'Auvergne-Rhône-Alpes depuis le début du confinement

Plusieurs centaines de détenus en fin de peine ont été libérés des prisons d'Auvergne-Rhône-Alpes. / © Fabrice MARGAILLAN / MAXPPP
Plusieurs centaines de détenus en fin de peine ont été libérés des prisons d'Auvergne-Rhône-Alpes. / © Fabrice MARGAILLAN / MAXPPP

Près de 450 détenus ont été libérés des prisons d'Auvergne-Rhône-Alpes depuis le début du confinement pour enrayer la propagation du Covid-19. Des mesures supplémentaires ont également été prises pour garantir la sécurité des agents.

Par Margot Desmas

Les prisons françaises ont été mises sous cloche pour affronter la crise sanitaire du nouveau coronavirus. Parloirs suspendus, activités supprimées, mesures de confinement mais aussi des milliers de libérations anticipées. La ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé au JDD que 3 500 détenus en fin de peine avaient été libérés en France depuis le début du confinement. Ils sont 450 sur les dix-neuf établissements d'Auvergne-Rhône-Alpes, selon la direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) de Lyon qui confirme une information parue dans les colonnes du Dauphiné Libéré.

Seuls les détenus à qui il reste moins de deux mois de détention à purger, hors crimes, affaires terroristes et violences conjugales, sont éligibles à ce dispositif. Ces derniers sont "assignés à domicile et seront réincarcérés s'ils ne respectent pas les obligations du confinement", précise la Garde des Sceaux à nos confrères du Journal du Dimanche.

 

"Faire baisser la pression"


Les 450 libérations annoncées par la DISP de Lyon ne concernent pas seulement les libérations anticipées prévues pour faire face à l'épidémie de coronavirus, mais bien toutes les fins de détention. "Si on compare avec les chiffres dont on disposait à la même période l'an dernier, on constate qu'il y a beaucoup plus de libérations cette année", nuance-t-on à la direction interrégionale. Les autorités ont exprimé leur volonté de libérer des prisonniers pour désengorger les centres de détention et ainsi éviter la promiscuité entre détenus, propice à la propagation du Covid-19.
 

Côté syndicats, on accueille ces chiffres avec prudence. "Il est nécessaire de faire baisser la pression en détention, estime Alain Chevallier, délégué Ufap/Unsa-Justice à la prison de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Mais il faut rester attentif aux profils de détenus qui peuvent bénéficier de ce dispositif."

 

Les agents équipés en masques


La crise sanitaire du coronavirus a causé un regain de tension dans les prisons françaises, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes. Des refus de réintégrer les cellules après la promenade ont provoqué une série d'incidents dans les centres pénitentiaires de Lyon Corbas, Villefranche-sur-Saône et Saint-Quentin-Fallavier au début du confinement.

Un premier cas de Covid-19 a par ailleurs été diagnostiqué au centre pénitentiaire d'Aiton (Savoie) mardi 24 mars, provoquant l'inquiétude des syndicats qui estimaient les agents insuffisamment protégés. Mais là aussi, la situation semble s'être apaisée.
 

"Les masques et des gels hydroalcooliques ont été livrés et sont distribués depuis samedi", ajoute Alain Chevallier. Ces masques chirurgicaux ont été fournis aux agents étant en "contact prolongé" avec les détenus, précise la DISP de Lyon. Une "première satisfaction" pour le délégué syndical qui pointe encore quelques "dysfonctionnements" comme le temps d'utilisation des masques, supérieur aux recommandations selon lui. Les stocks restent toutefois limités et des voix s'élèvent pour demander combien de temps les agents pourront être ainsi équipés.

 

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