Coronavirus en Auvergne : la ruée vers les circuits courts et la vente directe

David Fernandes prépare ses commandes de fruits et légumes pour les livrer à ses clients. / © David Fernandes
David Fernandes prépare ses commandes de fruits et légumes pour les livrer à ses clients. / © David Fernandes

Avec l'épidémie de Coronavirus Covid-19, le marché du circuit court et de la vente directe est en plein essor en Auvergne. Du Puy-de-Dôme au Cantal, en passant par la Haute-Loire et l'Allier, les producteurs locaux s'organisent pour faire fasse à l'afflux de nouveaux clients.

Par D.Cros

Avec l’épidémie de Coronavirus, la population se retrouve confinée chez elle. Fini les restaurants, les cantines scolaires … il faut préparer les repas à la maison. Par crainte du virus, certains fuient les grandes surfaces et se tournent vers les producteurs locaux.

Clientèle en hausse

"Depuis le début du confinement, nous enregistrons 40% de commandes de plus" explique David Fernandes. Son entreprise basée à Sayat dans le Puy-de-Dôme propose des fruits et légumes produits à 90% localement. Ils sont vendus en ligne avec un service de livraison à domicile. "Nous desservons Clermont-Ferrand, toute la métropole et la Limagne. En ce moment, nous mettons les bouchées doubles".

Même constat pour Pierre Seychal, boucher et éleveur à Celles-sur-Durolle : "Nous avons 15 à 20% de nouveaux clients. Les gens achètent ce dont ils ont besoin et ont tendance à faire des stocks" précise-t-il. Il assure la vente en magasin le matin et continue de se rendre sur les marchés restés autorisés par les municipalités. A Charmeil dans l’Allier, Stéphane Therriaud déclare lui aussi : "Nous avons de nouveaux clients. Nous revoyons des clients que nous n’avions pas vu depuis longtemps. Mais je pense que quand le confinement sera terminé, ils ne reviendront pas".

Fromager à Riom-ès-Montagnes dans le Cantal, Christophe Guillon souligne également. "Les gens viennent pour éviter la foule des grands magasins. Ca va durer un temps. Je ne suis pas sur qu’ils reviennent après l’épidémie. En ce moment, j’ai environ 15% de personnes supplémentaires qui m’achètent des articles". Il passe ses journées à servir les clients, préparer des commandes et répondre aux appels pour indiquer ses horaires d’ouverture ou confirmer sa présence sur les marchés.

Horaires à rallonge et refus de clientèle supplémentaire

Pour fournir leur clientèle, les producteurs doivent s’organiser. Le maraîcher David Fernandes explique : "J’ai demandé du renfort à ma famille et j’ai augmenté mon temps de travail. D’ordinaire je commence mes journées vers 6 heures et les finis vers 21 heures, en ce moment je fais plus du 4h30-22h30" souligne-t-il.
Un planning difficile à gérer d’autant que les mesures gouvernementales de confinement pourraient être reconduites. "Il va falloir tenir dans la durée. Je commence à refuser des clients car je n’ai pas assez de produits" ajoute-t-il. Cette semaine, il s’est entièrement consacré à l’expédition des produits. D'ici quleques jours, il va devoir s'occuper en plus de la production.

Xavier Meynard prépare des paniers de légumes pour une AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) à Léotoing en Haute-Loire. Lui aussi enregistre une hausse de ses commandes, environ 10%. La clientèle traditionnelle a également changé ses habitudes. "Les gens en ce moment augmentent le prix de leur panier. Ils font des commandes plus grosses. Ils nous expliquent que les enfants, la famille proche est venue se confiner chez eux et qu’ils ont besoin de plus de produits que d’ordinaire". Pour l’instant, il arrive à fournir mais il l’avoue, il va avoir du mal à tenir dans le temps. "A partir de la semaine prochaine, je vais devoir réduire la taille des paniers et refuser des clients. Je n’aurai pas assez de marchandises" conclut-il.
 

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