Coronavirus COVID 19 : la CGT de STMicroelectronics demande la "mise en veille" de la production

Malgré la réduction des effectifs présents sur les différents sites français de ST Microlelectronics, le syndicat s’inquiète de la propagation du COVID 19 au sein et à l’extérieur de l’entreprise. A Crolles, en Isère, l’inspection du travail a été saisie la semaine dernière.

Face à l'épidémie, STMicroelectronics a adapté son activité. Mais des salariés sont toujours inquiets.
Face à l'épidémie, STMicroelectronics a adapté son activité. Mais des salariés sont toujours inquiets. © France 3 Alpes
« Les dernières générations de smartphones peuvent attendre un peu. » Dans un communiqué, la CGT de ST Microelectronics demande à l’un des leaders mondiaux de la micro-électronique de suspendre sa production en France, pour protéger ses salariés et freiner la propagation du COVID 19. Les usines de Tours (Indre-et-Loire), du Rousset (Bouches-du-Rhône) et de Crolles, en Isère, sont concernées. Sur le site isérois, le syndicat remet en cause la gestion de la crise, s’appuyant notamment sur une récente visite de l’inspection du travail.

« A l’extérieur, c’est le confinement total. Mais dans l’entreprise, c’est comme si on était immunisé », affirme Nadia Salhi, de la CGT St Microelectronics à Crolles. En désaccord avec la direction sur la gestion du COVID 19, les représentants du personnel ont saisi l’inspection du travail la semaine dernière. Gel hydro-alcoolique, respect du télétravail, risque lié à la contamination des surfaces, gestion des combinaisons en salles blanches, promiscuité au travail… celle-ci a tout passé en revue. Elle a fait ses observations.

Un danger "réel et actuel"

Dans le document rendu jeudi dernier, l’inspection du travail rappelle qu’un cas de contamination avéré avait déjà été signalé parmi le personnel. Selon elle, le danger de diffusion du Covid 19 est donc « réel et actuel » au sein de l’entreprise. Tout en soulignant que l’ensemble des salariés présents sur le site était potentiellement exposé, elle a pointé une « insuffisance des mesures mises en place pour protéger les salariés des risques de contamination au COVID 19 ».

Depuis, des nouvelles mesures ont été prises. « Nous mettons tout en oeuvre pour nous adapter en permanence », explique-t-on du coté du groupe ST Microelectronics. A Crolles, l’hygiène a été renforcée, la circulation des salariés au sein des locaux est désormais codifiée, les zones soumises au port des gants ont été étendues. L’accès au site est interdit à toute personne fiévreuse, présentant des symptômes, ou ayant eu un contact avec un malade du COVID 19.

L’entreprise rappelle aussi que la fréquentation du site de Crolles a été déjà largement réduite. Le travail à distance est généralisé. Sur les 4.000 personnes employées sur le site, quelques centaines viennent encore pour assurer la continuité de la fabrication. La semaine dernière, les services de production ont été réorganisés afin de réduire jusqu’à 50% les effectifs présents.

"Maximiser la prévention"


Mais tout le monde n’est pas rassuré pour autant. « On ne dit pas que STMicroelectronics ne fait rien, mais ce n’est pas suffisant. Cela crée du stress chez le personnel. », explique Nadia Salhi. Elle déplore, entre autre, que la cantine du site reçoive encore plusieurs dizaines de personnes à chaque service, alors qu’une bonne vingtaine de salariés du site ont déjà présenté des symptômes. Pour elle, une mise en veille de la production serait la meilleure solution pour protéger les salariés du COVID 19 et de les empêcher de faire circuler le virus au sein et à l’extérieur de l’entreprise.

La CGT de STMicrolelectronics France rappelle que, même si elles sont stratégiques, les productions de l’entreprise « ne sont pas immédiatement indispensables dans le moment très particulier que nous vivons. » Mais pour l’instant, le groupe souhaite continuer à « maximiser la prévention » et à suivre ses « plans de continuité ». Il rappelle que toutes ses activités de production dans le monde sont opérationnelles. Même en Italie, où le gouvernement a ordonné il y a trois jours l'arrêt des productions « non-essentielles ».

 
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