Coronavirus COVID 19 : à Clermont-Ferrand, la CGT réclame la nationalisation de Luxfer, spécialiste de l'oxygène médical

A Clermont-Ferrand, l’épidémie de Coronavirus COVID 19 pourrait-elle permettre à l’usine Luxfer de reprendre son activité ? C’est ce que réclame la CGT qui souhaiterait la nationalisation de l'usine, seule en Europe à produire des bouteilles d’oxygène médicale. 

La CGT réclame la nationalisation de l'entreprise Luxfer de Gerzat, près de Clermont-Ferrand, pour continuer la production de matériel médical et éviter une pénurie en période d'épidémie de Coronavirus COVID-19. (Photo d'archives)
La CGT réclame la nationalisation de l'entreprise Luxfer de Gerzat, près de Clermont-Ferrand, pour continuer la production de matériel médical et éviter une pénurie en période d'épidémie de Coronavirus COVID-19. (Photo d'archives) © Thierry LINDAUER / MAXPPP
Pour parer à une éventuelle pénurie de matériel médical, l'usine Luxfer de Gerzat (Clermont-Ferrand), doit être nationalisée et relancée, demande la CGT au gouvernement. La nationalisation de cette usine qui, avant sa fermeture était la seule en Europe à fabriquer des bouteilles à oxygène médical, pourrait permettre de créer des stocks et de fournir non seulement la France, mais toute l’Europe, selon le syndicat : « Des pays comme l’Italie se sont plaint d’un problème d’approvisionnement. On ne sait pas si c’est le cas en France, mais on a une responsabilité vis-à-vis des autres pays européens puisqu’on est les seuls à produire ce matériel en Europe », explique Axel Peronczyk, représentant syndical des salariés de Luxfer.

"Il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché" 

Le président de la République avait déclaré le 12 mars : « Ce que révèle cette pandémie, c'est qu'il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ». C’est sur cette déclaration que se base la CGT pour sa demande de nationalisation. L’organisation syndicale reproche à Luxfer d’avoir volontairement stoppé la production de l’usine afin de raréfier l’offre et de vendre des produits plus cher et de moins bonne qualité : «  Ils on créé une pénurie en fermant notre production sans la délocaliser, et ils en ont profité pour augmenter leurs prix de 12%, alors que les produits des autres sites sont de moins bonne qualité », dénonce Axel Peronczyk.

"S’il y a déjà une pénurie, c'est déjà trop tard"

« Il faut faire vite » alerte Axel Peronczyk. « On est en contact avec le ministère de l’Economie et des Finances, ils nous disent qu’ils ne peuvent rien faire en raison du droit de propriété, et qu’ils ne pourront nous réquisitionner qu’en cas de pénurie. S’il y a déjà une pénurie, c'est déjà trop tard. On ne peut pas produire des bouteilles en une journée, et là, personne n'est capable de nous dire quel est l'état des stocks aujourd'hui, c'est très inquiétant. » Il insiste également sur le fait que leur production sera également nécessaire après l'épidémie, pour traiter les patients qui garderaient des séquelles respiratoires.

Environ 220 000 bouteilles par an 

L'usine de Gerzat fabriquait 220 000 bouteilles par an, dont la moitié pour l'oxygène médical, 40% pour équiper les pompiers et 10% pour l'industrie, selon le représentant syndical. Les salariés, qui occupaient leur usine depuis le mois de janvier, ont mis fin à leur action pour respecter le confinement. Basé à Nottingham en Angleterre, Luxfer avait annoncé fin novembre 2018 la fermeture définitive de l'usine auvergnate. Les salariés contestent en justice leurs licenciements, en s'appuyant sur une décision de l'inspection du travail remettant en cause le motif économique. L'usine avait été rachetée en 2001 par Luxfer à une filiale de Pechiney-Rhenalu.
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