Le coronavirus vu par les enfants : « de vilaines petites bêtes » qui « peuvent se transpirer très facilement »

 Elouan, Victor, Castille et Louise à l'heure du confinement
Elouan, Victor, Castille et Louise à l'heure du confinement

En raison du confinement lié à l'épidémie de coronavirus, depuis déjà plus de deux semaines, tous les Français sont appelés à rester chez eux et les enfants ne vont plus à l’école. Comment vivent-ils cette situation ? Nous leur avons posé la question. 

Par Anne-Claire Huet

Depuis le confinement lié à l'épidémie de coronavirus, la vie des tout-petits a bien changé. Quand Ariane a annoncé la fermeture de l’école à Marin, son fils de 6 ans, sa première réaction a été : « mais comment vont faire les pauvres qui vivent dans la rue ? » A son instar, leurs réactions nous déroutent souvent mais sont pleines de bon sens. Dans l’ensemble, ceux-ci ont compris la situation.


C’est quoi le confinement ? 


« Le confinement, c’est devoir rester à la maison pour ne pas attraper le coronavirus » résume Elouan, 7 ans. Emma, 7 ans aussi, est beaucoup plus précise. Elle a presque appris le formulaire de dérogation de sortie du ministère de l’intérieur par cœur : « On reste à la maison. On sort pour faire les courses, pour aller au travail et pour se défouler un peu. On doit aussi rester à la maison pour que ce soit plus facile pour les médecins. » En même temps, sa mère Marie fait partie des soignants. Pour certains, la réponse est plus proche de leur quotidien. Ainsi, pour Eloi, 5 ans, « c’est quand les usines comme Michelin sont à l’arrêt ».


Qu’est-ce qu’ils aiment dans cette situation ?


Globalement, les enfants apprécient de passer plus de temps avec leurs parents. J’aime « rester avec Papa et Maman », confie Simon, 6 ans. Louise, 8 ans a son petit rituel : « tous les lundis, y’a un monsieur qui nous fait un cours de sport sur la tablette, il fait plusieurs choses différentes et du coup on fait ça dans le salon et ça nous occupe beaucoup. » Emmie, 5 ans, apprécie, elle, d’aller « tous les jours voir les vaches avec son papa ». Azilis glisse malicieuse « j’aime bien parce qu’on a plus souvent le droit de regarder la télévision ». Les rares moments de tranquillité de leurs parents. 

Les inconvénients du confinement ?


Pour la plupart, ce qu’ils aiment le moins c’est que « les copains leur manquent », avoue Simon. Auguste, 4 ans, est en « manque de son amoureuse Raphaëlle ». Azilis, elle, fait un triste constat : « On s’ennuie beaucoup. Et puis on n’a pas le droit de sortir de chez soi alors que c’est pile le moment où il fait hyper beau ».

Certaines situations concrètes sont dures à vivre. « Je veux faire du vélo et on ne peut pas aller dans la rue à vélo parce que sinon ça nous rend malade », affirme Colomban du haut de ses 3 ans. Pour Louise, « à cause du coronavirus, quand on essaie d’aller faire les courses, on ne peut pas aller dans les magasins parce qu’il y a une queue pas possible ».
 

L’école à la maison ? 


Globalement, le concept de faire l’école à la maison plaît aux plus jeunes. Pour Raphaëlle, « c’est comme la récréation ». Félicité, elle, apprécie « de ne plus manger à la cantine ». Mais surtout, Simon arrive « à mieux se concentrer qu’en classe ».

Une situation plutôt appréciée dans l’ensemble avec quelques bémols. Pour Eloi, le principal inconvénient est que sa « maîtresse, hélas, lui envoie des devoirs ». Louise déplore que  « quand on se trompe, Maman nous gronde ».
 

Et le coronavirus, c’est quoi ? 


Les enfants ont compris ce qu’était le coronavirus et sa gravité. Pour Eloi, c’est « le pire virus du monde , mais des gens sont obligés d'aller travailler et ils risquent leur vie ». Marin, reprend la métaphore guerrière de l’exécutif : « c’est comme un ennemi le coronavirus, c’est une maladie qui est très dangereuse, qui peut rendre les gens morts et qui est menaçante ». Félicité, sa petite soeur, renchérit : « le coronavirus c’est des vilaines petites bêtes et c’est une vilaine maladie. Tous les gens peuvent mourir. Ca me fait peur et j’aime pas avoir des rêves de coronavirus ». Surtout que c’est un « microbe qui peut se transpirer très très facilement », a compris Ezequiel.

Certains ont été préservés par leurs parents. Pour Emmie, la maladie c’est « une très grosse grippe ». Quand Nora retient surtout qu’à cause du coronavirus « il faut tousser dans son coude et se laver les mains ».

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