Coronavirus : en Italie, des familles toujours séparées par les frontières régionales

Depuis le 8 mars dernier et le début du confinement par région en Italie, Béatrice ne peut plus aller voir ses parents et ses grands-parents qui habitent à 20 kilomètres de chez elle…mais dans une autre région : le piémont.

- Photo d'illustration - Paysage de Toscane en Italie
- Photo d'illustration - Paysage de Toscane en Italie © FABIO MUZZI / AFP
"Pour un peu, si on continue comme ça, il vont bientôt nous faire payer un ticket de péage pour aller voir notre propre famille dans la région d’à côté ! Comme au moyen-âge." Beatrice, une milanaise d’origine piémontaise ne décolère pas. Depuis le 8 mars dernier et le début du confinement par région en Italie, elle ne peut plus aller voir ses parents et ses grands-parents qui habitent à seulement 20 kilomètres de chez elle… mais dans une autre région : le piémont.
 
Or, si en France, certains se plaignent de ne pouvoir se rendre à plus de 100 kilomètres de leur domicile, en Italie, interdiction de se rendre dans une région différente… punto e basta ! (un point c’est tout !)

Conséquence : sur chaque frontière régionale à l’intérieur de la péninsule, des familles se retrouvent séparés les unes des autres. Le législateur italien a bien prévu le cas pour des époux, mais pas pour des parents.

"Le paradoxe, continue Beatrice, c’est que j’ai le droit de me rendre à plus de 200 kilomètres de chez moi, ailleurs en Lombardie, même dans des zones particulièrement touchées par le Covid alors qu’à seulement 20 kilomètres, dans la ville piémontaise de Novara, où résident mes parents, la population est beaucoup moins touchée par l’épidémie."

Et le cas de Beatrice est loin d’être isolé. A la frontière entre la Vénétie et le Tyrol italien (l’Alto Adige), des maires se font les porte-paroles, de parents, d’enfants séparés, mais aussi (et pas seulement à Vérone, la ville de Roméo et Juliette !) de couples d’amoureux qui dépriment de n’avoir pu se voir depuis plus de trois mois maintenant.

Mais, tout vient à qui sait attendre. Le président de la région vient d’annoncer que dans le courant de cette semaine, les piémontais "à cheval" sur ces frontières régionales pourraient se rendre au-delà pour voir leurs proches. Il n’est que temps !

 
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