Covid-19 : "la situation se dégrade en Suisse plus vite qu'ailleurs", s'inquiète le ministre de la Santé

En une semaine, la proportion de tests positifs au Covid-19 a presque doublé en Suisse, passant de 5,4% à 10,2%. La présidente a appelé le pays à se ressaisir, sans toutefois prendre de nouvelles mesures à l'échelle nationale.
A l'aéroport de Genève, en juin.
A l'aéroport de Genève, en juin. © SALVATORE DI NOLFI/EPA/Newscom/MaxPPP
La deuxième vague de coronavirus s'approche de la Suisse plus vite qu'ailleurs, a prévenu le ministre de la Santé helvétique, avec un nombre de nouveaux cas quotidiens qui bat chaque jour des records.
 
"On a une nouvelle dynamique depuis quelques jours, qui est très négative et très forte et nous voyons, et c'est nouveau depuis une semaine maintenant, que la situation se dégrade en Suisse plus vite qu'ailleurs", a déclaré Alain Berset, à l'issue d'une réunion entre cantons et Confédération.
 
Les chiffres absolus restent moins impressionnants que dans d'autres pays européens très peuplés, mais la Suisse, qui compte 8,5 millions d'habitants, a enregistré plus de 2 600 cas au cours des dernières vingt-quatre heures, du jamais vu.

Et la proportion de tests positifs a presque doublé, passant de 5,4% à 10,2%, en une semaine. Le pays dénombre au total 71 140 cas et 1 817 décès, soit respectivement plus de 832 cas et 21 décès pour 100 000 habitants.

"L'objectif est d'éviter toute fermeture du pays"

"Il est moins cinq" avant l'arrivée de la deuxième vague, a averti la présidente suisse, Simonetta Sommaruga, en appelant le pays à se ressaisir mais sans toutefois annoncer des mesures. Elles devraient être discutées vendredi lors d'une nouvelle réunion.

"L'objectif évidemment reste d'éviter une surcharge des hôpitaux et d'éviter toute fermeture du pays. Mais pour ça évidemment, il faut naturellement un mix de mesures et la principale mesure, elle dépend du comportement individuel avec la distance et l'hygiène", a expliqué Alain Berset.

Afin de freiner la propagation du virus, les personnes testées positives sont mises en isolement, tandis que leurs contacts sont mis en quarantaine pendant dix jours, à l'image du ministre de l'Economie, Guy Parmelin.

Mais l'emballement de l'épidémie a rendu difficile le traçage des contacts dans certaines régions, tandis que les hôpitaux de cantons ruraux comme celui de Schwytz font face à un afflux de patients difficile à gérer.


De nouvelles mesures à Genève

Pour l'instant, le gouvernement n'a pas pris de mesures de restrictions, comme il l'avait fait pendant la première vague, laissant la main aux cantons. Les autorités fédérales ont toutefois rendu obligatoire depuis juillet le port du masque dans les transports publics. Mais moins de la moitié des 26 cantons l'ont rendu obligatoire dans les magasins.
 
A Genève, canton le plus touché par l'épidémie, les autorités ont, depuis mercredi, rendu obligatoire le port du masque dans tous les établissements accessibles au public et interdit les rassemblements spontanés de plus de quinze personnes. 

Les manifestations privées de plus de cent personnes sont elles interdites par les autorités genevoises, et celles de plus de quinze personnes mais de moins de cent personnes sont soumises à des règles strictes: port du masque et pas de consommation, sauf à des places assises non interchangeables.
 
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