Déconfinement : en Auvergne, le camping-car a la cote

A l’approche de l’été, les Auvergnats réfléchissent à leurs vacances. Partir à bord d’un camping-car semble séduire de plus en plus. Du Puy-de-Dôme au Cantal, en passant par la Haute-Loire et l’Allier, les locations et les ventes ont le vent en poupe.
 

En pleine crise sanitaire, le camping-car tire son épingle du jeu.
En pleine crise sanitaire, le camping-car tire son épingle du jeu. © MaxPPP/Simon Daval
Les vacances d’été sont encore soumises à de nombreuses incertitudes. L'épidémie de coronavirus COVID 19 amène les Auvergnats à changer leurs plans. Nombreux envisagent la solution camping-car. Résultat, la location comme la vente dans ce secteur font de nouveaux adeptes.

Depuis la réouverture de son magasin le 11 mai, Sébastien Tavernier gérant de la société Loisirs Camper à Montfaucon-en-Velay en Haute-Loire constate une hausse de la demande. "Depuis le déconfinement, il y a beaucoup d’intérêt et de passage dans le magasin. Les clients sont séduits par ce type de transport qui permet de s’évader malgré le contexte" explique-t-il. Puis il ajoute : "Ils se sentent libres, autonomes et en sécurité par rapport aux conditions sanitaires. Ce type de véhicule se prête parfaitement à leurs besoins. Certains choisissent de louer et d’autres choisissent d’acheter".

Dans le Puy-de-Dôme, le constat est le même. Stéphane Jarroux, responsable de Mozac Loisirs souligne également : "L’activité est repartie tout de suite. Les gens attendaient impatiemment le déconfinement. Ils devaient partir en vacances parfois à l’étranger et comme ils ne peuvent plus, ils se tournent vers la location ou l'achat". Régulièrement, il entend les mêmes arguments : "Les clients disent qu'ils se sentent comme chez eux dans un camping-car. Ils ne dépendent de personne. Pour eux, il y a moins de risque avec l’épidémie". A Châtel Guyon, les clients aussi se tournent vers ce type de véhicule. "Le camping-car questionne, interpelle et faire réfléchir" constate Bernard Dhome, responsable de la société Châtel Carvaning. "Les camping caristes ne sont pas tributaires de l’hôtellerie et de la restauration pour le respect des règles sanitaires et le nettoyage. C’est leur milieu à eux. Le contact avec l’extérieur est réduit. Cela rassure beaucoup les clients".

Une clientèle nouvelle et plus jeune

Le mois de mai est un mois important pour les professionnels, d’autant qu’avec le confinement, ils ont loupé leur début de saison. Tous font le même constat, la reprise est plutôt encourageante et de nouveaux clients sont au rendez-vous. "Les clients habituels sont retraités. De nouveaux arrivent , en ce moment, ils sont plus jeunes. Ils ont entre 30 et 40 ans" souligne Bernard Dhome. Son confrère de Haute-Loire, Sébastien Tavernier confirme : "On voit arriver de nouveaux clients. Ils disent qu’ils sont indécis pour leurs vacances, et même pour l’année à venir, et du coup ils se tournent vers le camping-car. Ce sont principalement des jeunes de 30 ans en couple ou avec des jeunes enfants. Ils recherchent des 4 places. On a fait pas mal de ventes d’ailleurs sur ce type de clients".

Résultat, la location a le vent en poupe. Stéphane Jarroux basé à Mozac remplit rapidement son carnet de réservation. "La location cet été est déjà quasiment complète. Nous avons 12 véhicules sur les 3 sites. Les gens louent de 15 jours à 3 semaines, alors cela part très vite". En terme de budget, il faut compter environ 1 000 euros la semaine. "Côté vente, le Covid accèlère clairement les choses. Plusieurs clients ont choisi d’acheter plutôt que de louer" précise-t-il également.

Sébastien Tavernier, à Montfaucon-en-Velay, en Haute-Loire, propose également des campings-cars à la vente : "Quand on voit le prix d’une voiture, au final un camping car n’est pas si élevé que cela. Les gens se lancent même dans l’achat". Il a déjà conclu plusieurs ventes, parfois même assez rapidement : "Certains clients ont muri leur décision pendant le confinement. Quant aux jeunes, ils sont plus impulsifs. Ils se lancent dans des achats de 30 000 euros par exemple. Les belles offres au niveau des banques ont aussi donné un coup de pouce". Les vendeurs indiquent que pour un camping car d’occasion, il faut tabler sur un budget de 30 à 45 000 euros et pour un neuf, à partir de 50 000, et que cela peut dépasser les 100 000 euros.
 

Location pour les uns, achat pour les autres

Pour s’évader cet été, Fabien Canta qui habite à proximité d’Arpajon-sur-Cère dans le Cantal, a décidé de sauter le pas mi-mai. Il en rêvait depuis de nombreuses années et a choisi d’acheter. Il est ravi de cette nouvelle acquisition : "Nous y pensions depuis longtemps. Nous l’utiliserons cet été pour partir avec ma femme et nos deux filles". Il l’avoue le contexte actuel a un peu précipité les choses : "J’y pensais depuis longtemps. Avec la famille nous sommes plus rassurés, nous serons comme chez nous. Nous n’aurons pas besoin de faire attention aux conditions sanitaires en permanence, comme quand on change d’hôtel tous les jours et que l’on va au restaurant. C'est notre chez-nous avec notre cuisine, notre chambre, notre salle d'eau… c’est notre univers confiné à nous".

Dans le département voisin, en Haute-Loire, Delphine et Fabien Laroche se sont tournés vers la location. Ils devaient partir cet été aux Etats-Unis mais leur voyage a été annulé. "Nous avons choisi de louer un camping-car. Plusieurs de nos amis ont déjà testé et nous ont dit qu’avec les enfants c’était très sympa. C'est une nouvelle expérience, nous avons hâte" s'entousiasme Fabien. "Nous l'avons loué 15 jours au mois d'août. Nous pourrons aller où nous voulons, pas besoin de tout planifier à l'avance". Il l’avoue si cette expérience est concluante, ils pourraient à l'avenir investir.
Liberté et autonomie, les deux points forts du camping-car, surtout en cette période épidémique.
Liberté et autonomie, les deux points forts du camping-car, surtout en cette période épidémique. © Christian Millot

Liberté et autonomie

Quant aux habitués des campings-cars, pas question malgré le contexte de changer leurs habitudes. Pierre-Marie et Chantal Rouve sont des passionnés. Domiciliés non loin d'Yssingeaux en Haute-Loire, ils ont adopté ce mode de déplacement depuis plusieurs années et font même partie d’une association. "Cette façon de se déplacer nous plaît. Nous partons sans but précis, sans nous fixer d’horaire et sans itinéraire bien établi". Retraités, ils fuient les périodes de vacances scolaires et l’affluence estivale. Cet été, encore plus. "En juillet et en août, nous allons resté dans le secteur de la Haute-Loire. Nous irons également dans le Cantal, la Lozère et l’Ardèche. Moins peuplés, ces départements sont moins soumis au Covid" souligne Pierre-Marie.

Comme eux, Jeanne et Henri possèdent un camping car. "Cela fait maintenant 30 ans que nous sillonnons la France et l’Europe. Nous en avons usé des camping-cars!" dit-il en rigolant. Un sourire qui s’efface quand il parle du contexte sanitaire actuel qui l’effraie un peu. "Nous sommes âgés avec ma femme, nous sommes donc plus vulnérables au coronavirus. Mais nous ne voulons pas pour autant nous priver de balade. Nous serons prudents et choisirons des sites moins fréquentés. Les aires de stationnement, à l’exception de quelques unes toujours très prisées et remplies, sont vastes. Il y a 4 à 5 mètres entre les véhicules" explique Henri. Avec sa femme, ils n’ont pas encore choisi de destination pour l’été. "Nous attendons de savoir si nous pourrons ou non quitter l’Allier et ses alentours, dépasser les 100 kilomètres de périmètre. Nous resterons peut-être dans le secteur et visiterons notre belle Auvergne" conclut-il.
 

L’Auvergne en camping-car

"Depuis trois semaines, nous recevons énormément d’appels. Les gens veulent des renseignements sur les campings-cars, l’achat, la location, le fonctionnement…" explique Christian Millot, président de l'assocation Camping Car Club Rhône-Alpes qui compte plus de 800 adhérents. Puis il ajoute : "Beaucoup de jeunes se lancent dans le camping-car. Ils veulent découvrir la France et le monde. Tous mettent en avant l’autonomie de ce moyen de transport". Jean-Claude Bonche, délégué départemental auvergnat ajoute : "On peut changer d’endroit si il y a trop de monde. On peut partir sans se soucier du logement et de la restauration. C’est la liberté !". Avec la crise sanitaire, les déplacements pourraient rester limiter en kilomètres. Le gouvernement préconise également de séjourner en France. "L’Auvergne est une belle région. Les paysages sont variés. C’est un beau secteur à découvrir en camping-car. On peut s'isoler et faire des randonnées, loin de la foule, des plages et des sites touristiques pris d’assault".

Attention cependant à ne pas s'arrêter n’importe où. Les aires de stationnement et les aires équipées de point d’eau sont référencées dans les revues spécialisées et sur internet. Christian Millot conseille également le Réseau France Passion, le plus grand réseau d’accueil de camping-cars en Europe. "Des agriculteurs, des viticulteurs ou encore des éleveurs maillent le territoire. En France, ils sont 2 500. Ils mettent gratuitement  à disposition une partie de leur propriété. C’est le plaisir de recevoir des gens et de discuter". Un bon moyen de mêler étapes nature, gourmandes et conviviales. "Une fois je me suis arrêté dans une ferme auberge. Nous leur avons commander nos repas. Ce réseau est une façon idéal pour découvrir l'Auvergne-Rhône-Alpes, la France, ses sites et sa gastronomie!".
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