Déconfinement et vacances d’été : "L'Auvergne a une carte à jouer"

Alors que le confinement lié au coronavirus COVID 19 n'est pas encore levé, certains pensent aux vacances d'été. Même si beaucoup d'incertitudes persistent, en Auvergne, les professionnels misent sur un tourisme patriotique.  

De grands espaces, de la nature, un panorama à couper le souffle, des produits locaux, tout ça dans le respect de l'environnement : les arguments des professionnels du tourisme en Auvergne ne manquent pas pour les vacances d'été.
De grands espaces, de la nature, un panorama à couper le souffle, des produits locaux, tout ça dans le respect de l'environnement : les arguments des professionnels du tourisme en Auvergne ne manquent pas pour les vacances d'été. © Jean-Michel Niester - Philippe Trias - Richard BRUNEL - Frédéric Marquet / MaxPPP
En Auvergne et ailleurs, les professionnels du tourisme ont dû faire une croix sur les vacances d’avril avec le confinement lié au coronavirus COVID 19. Les ponts du mois de mai ? Pareil. Et les vacances d’été vont être chamboulées.
 

Les certitudes et les incertitudes

Déjà pour ceux qui avaient prévu de partir en voyage à l’étranger, il faudra trouver un plan B. Le Premier ministre, Edouard Philippe, l’a évoqué le 19 avril en répondant à la question : « Est-ce que l’on peut réserver une maison, une location, une place de camping ou un hôtel au mois de juillet ou au mois d’août en France ou à l’étranger ? Je crains qu’il ne soit pas raisonnable d’imaginer voyager loin à l’étranger très vite ». D'autant plus que les frontières pourraient rester fermées. 
L’option des vacances en France est de plus en plus envisagée par les touristes français et par les professionnels. Mais là encore beaucoup d’incertitudes persistent. Est-ce que les hôtels et campings seront ouverts et quand ? Dans quelles conditions ? 
 

L'Auvergne des grands espaces

Il faut dire que les professionnels du tourisme sont particulièrement impactés par le confinement lié à la crise sanitaire. C’est le cas de Julien Mitton, responsable d’une chambre d’hôtes à Durtol, dans l’agglomération de Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme. Il a ouvert il y a quatre ans. « Normalement, à cette période, on a un taux de remplissage de 60 % pour la haute-saison. Mais il n’y a que des annulations jusqu’au 15 juillet. Du coup, j’ai un taux de remplissage de 25 % pour les mois de juillet-août ». Comme beaucoup, il ne sait pas trop comment envisager l’avenir sur les vacances d’été, mais « si les vacances se font en France, l’avantage de l’Auvergne, ce sont nos grands espaces et ce sera l’occasion de découvrir une région boudée par les touristes habituellement »
 
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Des hébergements isolés pour éviter trop de regroupements

C’est ce qu’espère aussi Régine Batillat, directrice des Gîtes de France dans l’Allier. Depuis le début du confinement, les réservations ont été annulées ou reportées sur l’automne. « Sur l’année 2020, il y a eu une perte de 24 % au niveau financier, par rapport au carnet de réservations habituel », explique la responsable. « Quant à l’Auvergne, pour cet été, je pense qu’on a une carte à jouer. La majorité de nos hébergements est isolée dans des zones rurales ». Et même dans le cas de vacances à l’intérieur de la région Auvergne-Rhône-Alpes, « tout n’est pas perdu. Notre première clientèle vient de la région parisienne mais la deuxième est à l’intérieur de la région. Les Lyonnais viennent beaucoup dans l’Allier ».
 
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Quelle que soit la solution envisagée, il faut commencer à réfléchir aux mesures d’hygiène. « J’ai des adhérents qui sont fragiles et qui nous ont fait savoir qu’ils ne souhaitaient pas accueillir. Mais on va faire des propositions pour que les propriétaires puissent accueillir les touristes en toute sécurité. Par exemple, d’habitude, on encourage à la décoration des pièces, mais là, on va limiter leur pour éviter les risques de contamination »
 

"Cet été je visite... l'Auvergne"

Des précautions en termes d’hygiène, des grands espaces, de la nature : des arguments que les professionnels du tourisme vont mettre en avant. Et la « bataille » a déjà commencé sur les réseaux sociaux avec le hashtag #cetétéjevisitelafrance. Une grande mobilisation lancée par les acteurs nationaux du tourisme et de la sauvegarde du patrimoine. 
L’office de tourisme du Sancy a aussi joué le jeu. 
   
« Il va falloir trouver un équilibre pour que nos prestataires puissent travailler et pour que l’on puisse aussi protéger les touristes. Tout le monde se prépare et essaye de trouver des solutions. Par exemple pour monter en haut du Sancy, les gens ne prendront peut-être pas le téléphérique, mais pourquoi pas des télésièges. Tout ça est en réflexion », explique Luc Stelly, directeur de l’office de tourisme du Sancy. 
« Toutes les régions vont mettre en avant leur côté nature et verdure. Nous, on va appuyer sur des choses connues : la nature, le panorama, les baignades, le respect de l’environnement, les produits locaux. On décale notre événement Horizon Sancy du 15 juillet au mois de novembre ». Dans le Sancy, les touristes étrangers représentent en moyenne 5 à 10 % de la clientèle, il faudra donc séduire les autres régions et les locaux : « Tout le monde va travailler en local, et on va essayer de proposer des activités intra-régionales »
 

Des randonnées dans le Sancy et le Cantal jusqu'au pélerinage en Haute-Loire

Les agences de voyages aussi doivent revoir leurs plans pour l’été comme Chamina voyages, une agence basée à Clermont-Ferrand qui propose des voyages randonnées, vélo, en groupe ou en individuels. 30 % de ses voyages se font à l’étranger. Depuis le mois de mars jusqu’à la mi-juin, 3 000 personnes ont annulé leur réservation. « Un séjour, ce sont des moyens de transport pour se rendre sur le lieu, des hébergeurs, des restaurants et des accompagnateurs », évoque Laurent Bourdenet, directeur de l’agence. Il faut donc s’adapter : « On proposera l’utilisation de son propre véhicule, de prendre le petit-déjeuner dans leur chambre si c’est possible, rester dans un seul hôtel, faire venir un peu moins de personnes dans les hôtels, etc.» Mais il sait que la France sera une destination privilégiée et l’Auvergne aussi avec notamment des pèlerinages sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, au départ du Puy-en-Velay, en Haute-Loire. 
 

Dans le Cantal, aux portes du Puy Mary, on veut croire que l’Auvergne et le département seront le lieu des retrouvailles. « C’est un territoire central, insiste Philippe Fabre, président du grand site du Puy Mary et vice-président chargé du tourisme au conseil départemental. Nous avons le terrain idéal pour accueillir du monde sur de grands espaces. Nous avons des activités de pleine nature : on peut faire du trail, du vélo, etc. »
 

Penser le tourisme autrement

Accueillir des touristes oui, mais pas en masse : « Il faut trouver la bonne stratégie. On ne veut pas faire du Cantal et de l’Auvergne le nouveau Cap d’Agde français, mais je pense que les gens vont changer la manière dont ils font du tourisme. On veut accueillir les touristes en harmonie et en équilibre avec les habitants. On veut mettre en place un tourisme raisonné, c’est aussi ça la leçon que je retiens de cette période », continue Philippe Fabre, le maire de Madailles-Saint-Julien, dans le Cantal. 
 
Un comité inter-ministériel sur le sujet est prévu au mois de mai et des indications plus précises doivent être apportées. Malgré les incertitudes, le tourisme auvergnat est prêt à serrer les rangs pour conquérir de nouveaux clients. 
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