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Centrale nucléaire du Tricastin : une opération à très haut risque en cours pour retirer du matériel radioactif bloqué

La centrale du Tricastin (Drôme). Photo d'illustration. / © P. Desmazes / AFP
La centrale du Tricastin (Drôme). Photo d'illustration. / © P. Desmazes / AFP

Une opération à haut risque serait en cours avec des robots dans le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) : il s'agit de récupérer du combustible radioactif resté coincé depuis le 3 février. 

Par Renaud Gardette

Selon nos informations, des robots doivent être envoyés dans l'enceinte de confinement du réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme), ce samedi 16 février.

Des matériels de protection NBC seraient arrivés pour une équipe en cours de préparation, en vue d'une opération humaine à l'intérieur du site. L'Autorité de Sûreté Nucléaire doit procéder à des analyses préventives de radioactivité, pour confirmer ou non le lancement d'une opération de décrochage à haut risque du matériel resté coincé.

Le 3 février, un incident a eu lieu lors d'opérations de maintenance : il s'agissait de procéder au renouvellement d'une partie du combustible. Selon le récit technique qui en est fait, "les intervenants ont constaté qu'un des 157 assemblages combustible" était resté accroché au système de maintien."
 
 

Le cri d'alarme des associations

Pour le réseau sortir du nucléaire : "la question principale est de savoir pendant combien de temps ce qui retient le combustible va résister ? Il faut absolument que le combustible ne tombe pas. Sinon, on peut craindre un dégagement radioactif important. Il est nécessaire d'avertir la population environnante."

Pour Alain Volle, de l'association Stop Tricastin : "Cet incident est très rare, et c'est ce qui le rend inquéitant. On craint que la barre qui est coincée ne tombe. Là, ce serait un début de réaction en chaîne dans le réacteur. Le personnel sur place n'aurait alors que quelques minutes pour évacuer les lieux. Ensuite, on sait que l'enceinte de confinement (du réacteur numéro 2) n'est pas parfaitement étanche. Donc il y a un risque réel de dégagement radioactif vers l'extérieur. Si les pastilles contenues dans la barre venaient à tomber, le réacteur serait mis à l'arrêt sur une longue période. EDF nous dit qu'ils maîtrisent ! Mais on ne peut pas tout prévoir. Cette barre a toujours résisté, jusqu'à présent. Mais on ne sait pas aujourd'hui comment les opérations vont se dérouler."
 

Un outil spécifique construit par EDF


Selon EDF, 3 évènements similaires se sont déjà produits à la centrale du Tricastin en 2008 et en 2009 et à la centrale de Gravelines, en 2009. Depuis 2008, un outil adapté a été conçu, pour éviter tout risque de chute des assemblages avant de les décrocher, à l'aide d'un autre outil déjà existant, et de les transférer vers la piscine de stockage du bâtiment combustible. Le groupe précise : "Tous les travaux qui seront réalisés le seront après une validation complète de chaque intervention et la mise en œuvre des mesures de sécurité et de radioprotection nécessaires pour les intervenants."
 

 

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