Drôme : une association dénonce des maltraitances dans un élevage de faisans

L'association One Voice a publié une vidéo et des photos sur internet lundi 7 décembre, pour dénoncer les conditions d'élevage de faisans dans une exploitation de la Drôme. De leur côté, les professionnels de l'élevage de gibier accusent l'association de "manipulations". 
 
En France, 14 millions de faisans sont élevés chaque année pour le gibier de chasse et pour participer au repeuplement de zones naturelles.
En France, 14 millions de faisans sont élevés chaque année pour le gibier de chasse et pour participer au repeuplement de zones naturelles. © One Voice
L'association One Voice dénonce, au travers de photos et de vidéos publiées sur son site internet lundi 7 décembre, les conditions d'élevage de faisans, et porte plainte contre Faisandrôm', un élevage d'oiseaux destinés à la chasse, situé à Parnans dans la Drôme. La propriétaire de l'élevage incriminé évoque de l' "agribashing", et le syndicat de la filière dénonce des "manipulations".

 

Une vidéo "choc"

Sur les images, des faisans évoluent sous une volière et sur un terrain boueux, au milieu d'animaux morts. Une partie de ces oiseaux est destinée à devenir du gibier de chasse, une pratique que dénonce également l'association One Voice : "en attendant leur dernière heure, les faisans croupissent dans des conditions infâmes", commente Marie-Sophie Bazin, membre de l'association. "Parqués sur des terrains boueux, ils pataugent dans l’eau sans endroit où se mettre au sec. Pas la moindre touffe d’herbe, pas un seul enrichissement pour rendre leur séquestration plus supportable. On distingue de petits monticules émergeant de la bourbe où leurs pattes s’enfoncent. Un zoom de la caméra permet de comprendre de quoi il s’agit : de cadavres ! Oui. Le sol est constellé de ces corps d’oiseaux en décomposition," affirme-t-elle. 
 

Faisandrôm' : un élevage bien de chez nous de faisans pour la chasse from One Voice on Vimeo.


 

Les professionnels démentent

"Ces photos ne sont jamais agréables à voir, mais elles sont trompeuses, elles ne montrent pas la réalité", répond Jean Christophe Chastang, président du Syndicat des Producteurs de Gibier de Chasse (SNPGC). "Ces animaux morts ne sont pas en décomposition, ils sont recouverts de boue. Les images ont été prises en septembre dernier, lors d'un évènement climatique important, avec de forts orages, ce qui explique la boue, et il y a eu une brusque chute des températures qui a pu conduire les faisans à subir un choc thermique. Ce type d'évènement a pu entraîner la mort de certains d'entre eux", explique-t-il. "Ces associations de défense des animaux militent souvent pour des élevages en milieu naturel, mais dans ce cas ils sont forcément confrontés aux évènements climatiques ! " Au cours des différentes étapes de leur élevage, les oiseaux de cette exploitation sont successivement abrités en intérieur, puis circulent à l'extérieur. Ils ont été filmés dans la deuxième phase de leur croissance, en "pré-volière". 

 

Pas d'alerte côté autorités

Contactée, la préfecture de la Drôme indique qu'elle n'a jamais établi de procédure particulière à l'encontre de l'élevage incriminé, ni reçu d'alerte de ses services. La Direction Départementale des Territoires (DDT) et celle de la Protection des Populations (DPP) notamment, procèdent, selon les autorités, à des contrôles réguliers et n'ont jamais signalé d'anomalies. Les autorités n'étaient pas en mesure de préciser si un nouveau contrôle serait réalisé suite à cette accusation. L'association One Voice a néanmoins porté plainte contre Faisandrôm' pour mauvais traitements commis par un professionnel. Le syndicat professionnel SNPGC, lui, prévoit également un dépôt de plainte contre l'association pour intrusion illégale sur une propriété privée. 

 

Les vidéos, une arme délicate 

Sur le modèle de la célèbre association L214, One Voice s'appuie sur sa vidéo "choc" pour sensibiliser le grand public à la cause de la souffrance animale. La propriétaire de l'exploitation évoque de l' "agribashing", et le SNPGC condamne une pratique qu'il estime injuste : "ils filment un moment précis et ils essaient d'en faire une généralité, mais ce n'est vraiment pas la réalité", s'indigne M. Chastang. Par ailleurs, en approchant les animaux, selon lui, les vidéastes ont pu les effrayer et même "causer eux-mêmes une panique parmi les oiseaux qui a pu entraîner la mort de certains."  Les procédures juridiques devront préciser les circonstances de ces décès et la réalité ou non d'une éventuelle maltraitance.

 
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