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Drôme : une mère du Haut-Diois a accouché dans une ambulance à Crest

Depuis la fermeture de la maternité de Die, qui pratiquait moins de 300 accouchements par an, plusieurs femmes ont donné naissance à leur enfant sur le chemin de la maternité de Valence. / © Guilhem Lamontellerie / FTV
Depuis la fermeture de la maternité de Die, qui pratiquait moins de 300 accouchements par an, plusieurs femmes ont donné naissance à leur enfant sur le chemin de la maternité de Valence. / © Guilhem Lamontellerie / FTV

La naissance de Nino, dans la nuit de lundi à mardi, relance la polémique sur la fermeture de la maternité de Die, dans la Drôme. L'enfant est né à Crest, dans une ambulance des pompiers ! La maman qui se rendait en voiture à la maternité de Valence, à 2h de chez elle, n'a pas eu le temps d'arriver.

Par Dolores Mazzola

Une mère drômoise, enceinte de son premier enfant, a accouché sur le bord de la route, dans la nuit du 1er au 2 juillet, a rapporté France Bleu Drôme Ardèche. C'est à Crest que le petit garçon prénommé Nino est né. L'accouchement s'est déroulé dans une ambulance de pompiers.

La parturiente était en route pour la maternité de Valence, située à près de deux heures de route de son domicile de Boulc, dans le Haut-Diois. Depuis la fermeture de la maternité de Die, en janvier 2018, c'est la maternité de Valence qui est la plus proche de chez elle. Elle n'a pas eu le temps d'arriver à la maternité... le couple a été contraint de s'arrêter en urgence sur le bord de la route. 

 

La ministre de la Santé interpellée


Pendant plusieurs années les habitants ont lutté pour maintenir, en vain, la maternité sur ce territoire reculé de la Drôme. Depuis la fermeture de la maternité de Die, qui pratiquait moins de 300 accouchements par an, plusieurs femmes ont donné naissance à leur enfant sur le chemin de la maternité de Valence. Pour Nino et sa maman, l'histoire se termine bien mais elle aurait pu virer au drame. Le collectif de défense de l'hôpital de Die a une nouvelle fois interpellé la ministre de la santé Agnès Buzyn.


Dans le Diois, la fermeture de la maternité, structure emblématique de l'accès aux soins de proximité, a provoqué une importante mobilisation. Outre Die, le débat sur les maternités de proximité a été alimenté ces derniers mois par des fermetures à Bernay (Eure), Creil (Oise) ou encore au Blanc (Indre).
 

Proximité contre sécurité ?


Face aux protestations des populations ou encore des élus locaux, la ministre de la Santé défend les fermetures de maternités survenues ces derniers mois en invoquant notamment le manque de médecins ou de sécurité pour les patientes. 

La réponse d'Agnès Buzyn, interpellée par les sénateurs lors de son audition en mai dernier par la commission des affaires sociales sur la question des fermetures des maternités


Depuis une vingtaine d’années, l’Etat a arbitré en faveur de la fermeture des petites maternités. La mise en place d'un nouveau cadre réglementaire issu des décrets du 9 octobre 1998 qui a établi de nouvelles normes de sécurité et d'organisation a eu pour conséquence de restructurer en profondeur l’offre de soins en maternité.

Ainsi, le nombre de maternités a sensiblement diminué : il est passé de 815 en 1996, à 544 en 2012 et 498 en 2016 en France métropolitaine. Une tendance soulignée par un rapport de la Cour des Comptes daté de fin 2014, qui évoquait "une nouvelle étape de restructuration des maternités... à la fois inévitable et nécessaire". Selon le rapport en 40 ans, plus des deux tiers des maternités ont fermé. Elles étaient au nombre de 1 747 en 1972. De leur côté, les usagers s’inquiètent plus largement de l’abandon de leurs territoires par les pouvoirs publics.

 

Un enfant décédé in utero en février 2019

Après le décès in utero du petit Aimé, le 18 février dernier, le collectif de défense de l'hôpital de Die avait réclamé à la Ministre de la Santé "la réouverture" de la maternité, "avec les moyens humains et matériels nécessaires à leur bon fonctionnement". Pour le père endeuillé, la fermeture de la maternité en janvier 2018 est en cause dans le drame qui touche sa famille. Les parents avaient dénoncé la très longue prise en charge de la maman qui vivait une grossesse à haut risque. De son côté, l'enquête de l'Agence régionale de Santé avait pointé des dysfonctionnements.
 

 

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