Près de 500 personnes ont participé à une marche blanche pour rendre hommage à Aimé, un bébé mort in utero le 18 février, et pour réclamer la réouverture de la maternité de Die. La maman du bébé mort a publié un témoignage poignant.

La maternité de Die (Drôme) a fermé en décembre 2017. Elle était située à 10 minutes en voiture du domicile des parents d'Aimé, mort in utero le 18 février après 8 mois de grossesse. Selon le papa, la fermeture de la maternité de Die est directement en cause dans ce drame. L'ARS a diligenté une enquête. 

Samedi 2 février, près de 500 personnes se sont rassemblées devant l'hôpital de Die, pour rendre hommage à Aimé, ainsi qu'à la petite Lou, née le 13 février dans la voiture qui amenait sa maman vers la maternité la plus proche, à Montélimar, à 74 kilomètres de distance.
 

Le témoignage poignant de la maman du petit Aimé


La maman endeuillée a écrit un texte émouvant publié par le Collectif de défense de l'hôpital de Die.

Le 18 février, après 8 mois de grossesse, la maman est chez elle avec sa famille "Je me suis soudainement sentie mal, prise de vertiges et de crampes intestinales. Peu de temps après l'hémorragie a commencé (...)."

Après un appel aux pompiers, ceux-ci l'amènent à l'hôpital de Die. 

"Aux urgences de Die, j'ai été à nouveau questionnée sur ce qui s'était passé, on a pris mes constantes. Personne n'a vérifié comment allait mon bébé.
Il venait d'être décidé que nous irions à la maternité de Montélimar en hélicoptère, mais celui-ci n'était pas disponible, il fallait attendre (...). Une sage-femme est arrivée de Valence par l'hélicoptère. Elle m'a enfin auscultée munie d'un petit appareil pour écouter notre bébé. Elle n'a pas entendu son coeur. C'était la première personne qui s'occupait de notre enfant.

Finalement, j'ai été chargée dans l'hélicoptère. Le travail s'est intensifié. Pendant le vol, les contractions se sont amplifiées et rapprochées. J'étais sanglée sur le brancard, un casque anti-bruit sur les oreilles, dans une froide solitude (...) J'ai failli accoucher dans le ciel. A peine arrivés à la maternité, dans un couloir menant à la salle de naissance, la tête de mon bébé sortait. J'ai accouché d'un magnifique petit garçon, mort né. Après la délivrance et malgré ma réticence, j'ai reçu une anesthésie générale (...). A mon réveil, j'étais seule, désemparée, parachutée, horrifiée, perdue dans un cataclysme de souvenirs flous que je n'arrivais pas à réordonner.

Le reste de la nuit, j'ai pu veiller mon bébé dans la paix et la douceur, rejointe plus tard par son papa. Nous avons savouré ces moments d'amour cruellement éphémères. Nous l'avons nommé Aimé. L'écriture de ce témoignage est bien douloureuse mais j'espère qu'elle servira à dénoncer l'injustice et les conditions inhumaines dans lesquelles notre bébé n'a pas été secouru
."
 

L'émotion du papa d'Aimé dans le cortège

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©H. Chapelon, S. Hyvon / France 3 Rhône-Alpes

  
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