Romans (Drôme) : la Société française d'assurance multirisques dans la tourmente

Le siège de la SFAM, à Romans-sur-Isère (Drôme) / © France 3 Rhône-Alpes
Le siège de la SFAM, à Romans-sur-Isère (Drôme) / © France 3 Rhône-Alpes

Démarchage insistant, souscriptions forcées, résiliation compliquée : depuis l'automne, la SFAM est dans la tourmente. L'assureur français spécialisé dans le risque des portables et autres ordinateurs ou tablettes, paie le prix de pratiques douteuses. 

Par Daniel Pajonk

La Société française d'assurance multirisques (SFAM) basée dans la Drôme et spécialisé dans les polices multirisques pour matériel numérique et téléphonique, est dans le collimateur des associations UFC-Que Choisir et 60 millions de consommateurs. Ce qui était il y a un an encore une success-story (la société est passée de 50 salariés à plus de 1300 en une année), pourrait bien se transformer en cauchemar. De plus en plus de personnes ayant acheté un matériel informatique ou un mobile dans une grande surface ont été invités à souscrire une assurance ouvrant droit à un remboursement sur l'achat de 30 euros. Et surtout à une résiliation possible du contrat d'assurance sur simple coup de téléphone. Une procédure administrative, concernant 220 dossiers, a été ouverte auprès de la Direction départementale de protection des populations de la Drôme. 

Les forums des associations de consommateurs croulent sous les remarques désabusées des souscripteurs "malgré-eux" des contrats d'assurance / © France 3 Rhône-Alpes
Les forums des associations de consommateurs croulent sous les remarques désabusées des souscripteurs "malgré-eux" des contrats d'assurance / © France 3 Rhône-Alpes


Sur le forum de l'UFC Que-Choisir, bon nombre de clients mécontents racontent la même histoire. " Au moment d’acheter un appareil électronique en magasin, le vendeur leur a proposé de souscrire une assurance avec des arguments très séduisants", indique l'association. Outre le premier mois de souscription gratuit et la possibilité de résilier l'assurance à tout moment, le consommateur peut bénéficier d'un remboursement de 30 € sur le prix de l’article acheté. " Sauf que beaucoup de ceux qui ont souscrit assurent avoir par la suite eu toutes les peines du monde à faire stopper les prélèvements quand ils ont voulu mettre fin au contrat", explique notre confrère dans ses colonnes. « La téléopératrice m’a bien dit que ma résiliation était prise en compte, mais je n’ai jamais reçu l’e-mail de confirmation et 15 jours plus tard, j’ai découvert un prélèvement de 15,99 € sur mon compte », explique une victime parmi beaucoup d’autres.

Sadri Fégaier, le président du groupe SFAM, tente d'expliquer la position de son entreprise et se veut rassurant :  toute personne ayant souscrit un contrat auprès de sa société peut le résilier en utilisant le numéro qui apparaît sur les forums (numero azur 0 810 840 820 et 04 27 43 33 33) :

SFAM

Chez 60 millions de consommateurs, le constat recoupe celui de Que Choisir. Son rédacteur en chef adjoint pointe du doigt les pratiques pour le moins douteuses de l'assureur qui met en avant les deux millions de vente développées par sa société en 2017 : 

60 Millions de consommateurs

Remboursement séduisant mais résiliation très compliquée...

Les contrats SFAM se vendent comme des petits pains. Dans les grandes enseignes de distribution comme Darty ou la Fnac, ils sont proposés pour tout achat effectué au rayon téléphonie mobile ou micro-informatique. Mais après la séduction vient le désenchantement. Ce que confirment sur le site de Que Choisir des personnels syndiqués au sein d'enseignes de grande distribution.  Selon eux, beaucoup, beaucoup de clients, plutôt jeunes, intègrent qu’en résiliant le contrat avant la fin du premier mois, ils peuvent profiter du remboursement de 30 € sans payer l’assurance. " Mais dans la plupart des cas, les gens qui viennent acheter un ordinateur et à qui l'on vend une assurance oublient de faire le nécessaire dans la foulée et doivent alors payer pour un contrat qu'ils n'ont pas choisi de souscrire et qui a été fortement suggéré par le vendeur en leur promettant que ça ne leur coûterait quasiment rien." 

SFAM : des centaines de clients très remontés



Sur le même sujet

Dans l'Allier, un ancien policier crée un refuge pour les ânes

Les + Lus