Témoignage. Emmanuel Macron dans le Vercors " Il faut parler de ces lieux car la guerre est aux portes de l'Europe"

Publié le Écrit par Géraldine Chaine

Il est impossible de se promener à Vassieux-en-Vercors en omettant le passé douloureux de ce petit village du massif. Les descendants des combattants et des civils fusillés tiennent à préserver ce patrimoine mémoriel.

La nécropole, le mémorial et le musée de la Résistance rappellent aux visiteurs la violence des combats pendant la Seconde Guerre mondiale et le courage des Résistants et des habitants.

Lorsque l’on pénètre dans le Vercors, c’est d’abord la beauté des paysages qui nous subjugue. La forêt à perte de vue, les routes vertigineuses, et l’incroyable paysage. Difficile d’imaginer qu’ici, au milieu des montagnes, le sang a imprégné la terre.

La nécropole pour ne jamais oublier

En arrivant sur Vassieux-en-Vercors depuis le village de la Chapelle-en-Vercors, c’est d’abord la Nécropole que l’on aperçoit sur la droite. Lucien Frel aura 80 ans le 29 avril prochain. Ses arrière-grands-parents, habitaient Vassieux au moment de la guerre. Ils ont été assassinés par les Allemands en juillet 1944. Ses parents lui ont très peu parlé de la guerre. “Je pense que les parents nous protégeaient du massacre qui s’est passé à Vassieux” explique-t-il devant la tombe de ses aïeux.

Cette nécropole, il passe devant tous les jours. “C’est important comme lieu. Il faut le garder en mémoire, et le faire savoir. Si ça peut en inspirer certain. Ici, c’était la résistance. Ça se passe aussi aux portes de l’Europe.” La nécropole a été construite en 1948, juste après la guerre. Elle regroupe 187 tombes. Il y a des résistants et des habitants du village. Certaines sépultures ne portent aucun nom.

Un musée et un mémorial pour mieux comprendre le maquis du Vercors

Au-dessus de la nécropole au col de la Chau, le mémorial de Vassieux domine le village et le plateau. C’est un bâtiment imposant, en béton qui épouse les lignes de la montagne. “C’est pour rappeler un peu la géologie calcaire du Vercors, et aussi la froideur des événements.” Explique Julien guillon, historien et référent scientifique du mémorial de la Résistance en Vercors.

“L’idée, c’était de trouver un endroit reculé et clandestin comme pouvaient l’être les maquisards du Vercors. C’est pour cela qu’on a choisi cet emplacement, notamment parce qu’il est reculé.” À vol d’oiseau, le camp numéro 6 des maquisards, n’est pas très loin du mémorial. “L’idée, c’était de retrouver leur maquis, le lieu où ils ont combattu, connu leur frère d’armes. C’était extrêmement important pour les anciens résistants de retrouver ce maquis-là qui fait aussi toute la mémoire du Vercors.”

À l’intérieur du mémorial, le visiteur fait un bon 80 ans en arrière. L’exposition est immersive. “À l’intérieur, il y a essentiellement des documentaires et des témoignages qui permettent de se plonger au cœur de la Résistance en Vercors” précise Hélène Barrielle, responsable du mémorial de la résistance. On peut ainsi écouter le récit poignant des acteurs de la Résistance dans le Vercors.

“À l’heure de la disparition des derniers témoins, ce sont des mémoires vivantes. On est directement en lien avec le témoignage de ces femmes et de ces hommes. Ces témoignages ont été enregistrés en 1992, juste avant la création du mémorial. Aujourd’hui, le mémorial conserve ces témoignages pour les transmettre aux jeunes et aux moins jeunes générations et ça permet vraiment de se rendre compte que l’on est en face à des personnes réelles qui ont vécu des événements et que ce ne sont pas des reconstitutions, ce ne sont pas des films. Donc, le message est beaucoup plus fort.”

Le mémorial propose une visite complémentaire à celle du musée de la Résistance de Vassieux-en-Vercors, qui expose des collections d’objets et de documents. Ce musée départemental se situe dans le centre du village. Il a été créé avant le mémorial, en 1973, par Joseph La Picirella résistant dans le Vercors avant d’être repris par le Département de la Drôme en 1999.

Tous ces sites ont pour objectif, la transmission de la mémoire.

France 3 Auvergne-Rhône-Alpes propose une édition spéciale présentée par Olivier Michel mardi 16 avril à 12h05. Pour voir le replay, rendez-vous sur France.tv

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