Vassieux-en-Vercors : les évènements qui ont précédé l'offensive allemande dans le maquis

Le maquis dans le Vercors a existé pendant près de deux ans. Ce plateau qui culmine à près de 1 100 mètres d'altitude avait la configuration idéale pour organiser la résistance. Il est devenu rapidement le point de ralliement des maquisards, en terre libre avant l'assaut final et les exactions des troupes allemandes à Vassieux-en-Vercors.

La date du 21 juillet 1944 est la date du massacre des habitants et des maquisards à Vassieux-en-Vercors, mais une première opération de répression dès le 16 avril 1944 a eu lieu par la milice française avec l'arrivée de troupes dans le village. Une incursion qui va durer cinq jours. Des fermes sont incendiées, pillées et déjà des habitants sont torturés et tués. Cette opération est globalement un échec pour la milice qui n'arrive pas à déstabiliser le maquis. Le 14 juillet, des largages d'armes vont précipiter les choses poussant les nazis à organiser la réplique la plus importante contre le maquis en France.

Pourquoi le Vercors ?

Vassieux-en-Vercors est à 1100 mètres d'altitude. L'immense plateau est une véritable citadelle naturelle avec ses 150 kilomètres de long, orienté nord – sud et de plus de 50 kilomètres de large. Fin 1942 début 1943, Les premiers maquis naissent dans le Vercors. À l'annonce du débarquement en juin 1944, quelque 4000 hommes affluent sur le plateau pour rejoindre les maquisards déjà installés. Des certains d'hommes à pied, en camion rejoignent la zone. Des hommes, mais pas assez d'armes. Elles tomberont du ciel en juillet.

Le parachutage des armes met le feu aux poudres

Le 14 juillet, "des forteresses volantes" font leur apparition dans le ciel de Vassieux-en-Vercors et larguent des grenades, des mitrailleuses, rien ne manque si ce n'est du matériel plus lourd qui aurait pu aider les résistants à repousser l'offensive allemande. Ces livraisons d'armes. Ce parachutage apparaît comme une provocation et fait croire aux Allemands que la résistance est très puissante. Dans ces conditions, le général Pflaum n'attend plus et il lance la 157ᵉ division contre le Vercors. C'est l'opération la plus importante jamais dirigée contre un maquis en France.

Une offensive terrestre et aérienne

"80 planeurs partis de Nancy apparaissent au petit matin dans le ciel de Vassieux-en-Vercors. Il y avait des planeurs de toutes tailles, certains contenaient jusqu'à trente hommes", détaillent les archives.

"Au début, on croyait que c'étaient les Américains. Quand on a vu les croix gammées, c'était trop tard", témoignent les survivants.

Les SS entrent dans le village, et un combat s'engage, notamment dans "le cimetière" de la commune, puis à travers "les flammes, les ruines". C'est un véritable massacre qui a lieu, "de militaires, de civils, de femmes et même d'enfants".

En trois jours, le sort du Vercors est scellé et les derniers résistants rescapés se dispersent dans les forêts du massif. Fin août, les Allemands quittent le Vercors. Près de 600 maquisards et plus de 200 civils sont morts. Plus de 3 000 maquisards réussissent à s’enfuir et reprennent la lutte. Ils participeront à la libération de Romans, Grenoble et Lyon.

France 3 Auvergne-Rhône-Alpes propose une édition spéciale présentée par Olivier Michel mardi 16 avril à 12h05. Pour voir le replay, rendez-vous sur France.tv