Aides supprimées aux "familles de délinquants": la défenseure des droits saisie contre la décision du maire de Valence

Des macronistes de l'aile gauche montent au créneau contre la décision de Nicolas Daragon, maire de Valence de "supprimer des aides pour les familles de délinquants." La défenseure des droits est saisie.

Cette mesure vise à "responsabiliser les familles" de "ceux qui nuisent à leur quartier et à leur voisinage
avait déclaré Nicolas Daragon, le maire de Valence.
Cette mesure vise à "responsabiliser les familles" de "ceux qui nuisent à leur quartier et à leur voisinage avait déclaré Nicolas Daragon, le maire de Valence. © PHILIPPE DESMAZES / AFP

Le parti En Commun qui campe sur l'aile gauche de la Macronie a annoncé ce mardi 2 mars, saisir la Défenseure des droits contre la décision du maire LR de Valence, Nicolas Daragon, de supprimer certaines aides municipales pour "les familles de délinquants".

 

C'est une atteinte aux droits de l'enfant. Nous nous opposons aux sanctions collectives pour un comportement individuel. Le principe de libre administration des collectivités n'est pas synonyme d'arbitraire

a fait valoir  la députée LREM de la Drôme Mireille Clapot.


"C'est un sujet extrêmement symbolique. On s'attaque à des valeurs et des principes du droit. Il est important de dire non", souligne le président d'En Commun Philippe Hardouin.
Après des violences urbaines sur la commune en octobre 2020, le maire LR de Valence, Nicolas Daragon, a fait voter mi-décembre en conseil municipal la suppression de certaines aides de la mairie pour "les familles de délinquants" après des violences urbaines sur la commune en octobre.


    

Cette mesure vise à "responsabiliser les familles" de "ceux qui nuisent à leur quartier et à leur voisinage

avait déclaré Nicolas Daragon.

 

Les aides municipales concernées sont notamment le chèque culture, le chèque sport ou les aides facultatives du centre communal d'action sociale (CCAS) comme l'aide alimentaire.
La décision fait l'objet d'un recours en annulation devant la justice administrative introduit par une dizaine d'habitants emmenés par la conseillère régionale LREM Françoise Casalino. 

En Commun, co-fondé notamment par la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, redoute que ces mesures fassent école dans d'autres communes comme c'est déjà le cas à Poissy (Yvelines) où le maire de la commune Karl Olive a fait voter début février la suspension voire la suppression de certaines aides municipales
pour "responsabiliser" les familles des délinquants.
    

Une mesure similaire a été votée en 2018 à Rillieux-la-Pape, dans la métropole de Lyon. En 2005, le député-maire LR de Draveil (Essonne) Georges Tron avait décidé de suspendre les aides municipales aux familles de jeunes auteurs de violences, au moment où Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait relancé le débat sur la suppression des allocations familiales pour les familles de jeunes délinquants.
 

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