Dans la Drôme, un référendum pour choisir entre l'installation de panneaux solaires et la protection de la forêt

Des arbres, ou des panneaux solaires ? Les habitants de Grignan (Drôme) étaient invités à se prononcer, dimanche 20 septembre, et à choisir entre la protection d'une forêt de 8 hectares et l'installation d'un parc photopholtaïque sur leur commune. Le "oui" l'a remporté avec 9 voix d'avance.

Jour de vote à Grignan (Drôme), pour un référendum local qui doit trancher ente la sauvegarde de 8 ha de forêts, ou l'installation d'un parc de panneaux photovoltaïque.
Jour de vote à Grignan (Drôme), pour un référendum local qui doit trancher ente la sauvegarde de 8 ha de forêts, ou l'installation d'un parc de panneaux photovoltaïque. © FTV / A. Henry
Jour de vote dans la salle des fêtes de Grignan (Drôme). L'isoloir rouge est installé, avec une corbeille à l'intérieur, comme n'importe quel vote. 

Mais sur la table, à côté de l'urne bien remplie et de la feuille d'émargement, il n'y a que 2 bulletins à disposition des Grignanais et des Grignanaises: oui ou non à "l'implantation d'une centrale photovoltaïque dans les bois de Grignan d'une surface de 8ha. ?"

Le projet, qui date déjà d'une dizaine d'années, est très sensible sur place.

Le maire Bruno Durieux avait promis ce référendum consultatif. Le projet, porté par la société privée Neoen, prévoit l'installation d'un parc de 8,7 Méga-Watt crête, avec un loyer annuel pour la commune de 120.000 euros par an.

Le problème, c'est que pour implanter le parc, il faudrait raser une vingtaine d'hectares de forêt: une bataille entre deux projets environnementaux, presque insoluble, d'où cette consultation citoyenne. Sur la zone du projet, des arbres à perte de vue, sur une colline aujourd'hui verdoyante.

 

Ceux qui disent oui


Pour le maire Bruno Durieux, la rente de 120.000 euros par an pendant 30 ans, est une belle opportunité dans sa commune, mais il a assuré qu'il respecterait le choix de ses administrés.

Bruno Durieux: "L'intérêt c'est d'abord de disposer de ressources importantes. 120.000 euros, çà augmente de 40% notre capacité d'investissement, c'est très important. Les bois de Grignan, ça fait 2.600 hectares, donc ça représente 3 pour mille de bois. Et deuxièmement, les bois de Grignan, ils n'ont jamais été aussi étendus et ils continuent de s'accroître du fait des plantations de truffiers, tant mieux pour nous, et du fait également de la déprise agricole, donc on n'a jamais eu autant de bois à Grignan."
 

Ceux qui disent non



Jean Luchet, président de l'Apeg (Association pour la Protection de l’Environnement du pays de Grignan), se dit pour les énergies renouvelables et solaires, mais il plaide pour une meilleure implantation des panneaux, pour concilier les nouvelles énergies à la protection des arbres: "Nous voulons mettre un coup d'arrêt à ce type d'opérations. Dans un rayon de 5 à 6 km autour de Grignan, il y a déjà 5 centrales photovoltaïques qui ont été installées dans les mêmes conditions, parce que c'est plus facile de couper des bois que d'installer des parcs photovoltaïques sur des parkings, dans des zones déjà artificialisées, sur des toitures, n'importe où, sauf dans des bois!"

Trois documents ont été distribués à la population, pour se faire un avis sur le projet avant le vote
 

Le "Oui" l'emporte de justesse


43,2% de la population a participé à ce référendum consultatif. Le "oui" a remporté neuf voix de plus que le "non".  

619 personnes se sont rendues aux urnes sur 1 431 inscrits. 313 habitants ont voté en faveur de la construction du parc photovoltaïque, 304 ont voté contre.

Ce sera ensuite au Conseil Municipal de trancher. S'il décide de lancer les travaux, le préfet aura lui aussi son mot à dire avec l'autorisation de défrichage. Rien n'est donc acquis pour l'instant.

 
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